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Grève des médecins: le ministre de la Santé prêt à revaloriser la consultation mais pas à 100%

François Braun s'est dit prêt à réhausser le prix de la consultation des médecins généralistes mais sans pour autant accéder à leur demande. Les praticiens en grève réclament une augmentation de 100% du prix de la consultation, de 25 à 50 euros.

Un pas vers les médecins généralistes en grève. Le ministre de la Santé, François Braun, s'est dit ce jeudi prêt à revaloriser le montant de la consultation des médecins libéraux, qui réclament une hausse de ce tarif de 25 à 50 euros. "Je suis prêt à augmenter cette consultation (...) sur un principe gagnant/gagnant (...) dès lors que les besoins de santé des Français sont remplis", a-t-il assuré sur France 2.

Pas question pour autant d'accéder aux demandes des grévistes qui manifestent ce jeudi à Paris: "Soyons raisonnables", a assuré François Braun écartant une hausse du tarif de la consultation à 50 euros.

"Sur une promotion de 100 médecins généralistes, on en perd 40"

"On augmente la consultation, mais je veux que les 650.000 Français qui sont en maladie chronique aient un médecin traitant, parce qu'ils n'en ont pas actuellement, je veux qu'on puisse avoir un médecin la nuit, le week-end", a ajouté le ministre.

Les grévistes estiment de leur côté que ce doublement du tarif de la consultation permettrait un "choc d'attractivité" vers une médecine de ville en pleine crise de la vocation. "Sur une promotion de 100 médecins généralistes, on en perd 40", assure ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules", le docteur Jérôme Marty président de l'Union française pour une médecine libre (UFML-S), un syndicat de médecins libéraux. "Ces gens-là, il faut les faire revenir aux soins et pour ça, il faut que la profession soit attractive", plaide-t-il sur RMC et RMC Story.

"Cela fait 30 ans qu'on ne s'occupe pas assez de la médecine libérale. Le politique méconnaît la médecine libérale et il l'oublie. À l'hôpital, vous amenez le soin, nous, médecins libéraux, on amène le soin aux patients", explique le praticien.

"Ce n'est pas une grève de nantis"

Et si la Première ministre Elisabeth Borne estime que la grève des généralistes n'est "vraiment pas responsable", Jérôme Marty assure lui que la grève doit permettre d'améliorer le système de soin proposé aux Français: "Les Français voient tous les jours que ce n'est pas une grève de 'nantis' dans la mesure où tous les jours ils ont des problèmes d'accès aux soins. Ils voient bien que la qualité du soin s'effondre et que l'hôpital tombe", alerte le médecin.

Des négociations sont en cours entre syndicats de médecins et l'assurance maladie. Elles doivent se poursuivre jusqu'à la fin du mois de février.

G.D.