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Grève des pharmaciens: "j'ai préféré fermer plutôt que de faire un burn-out"

Une partie des pharmacies pourrait être fermée ce jeudi. Les syndicats appellent en effet à la grève et à des manifestations pour protester contre la baisse des prix de certains médicaments. Surtout, les pharmaciens constatent de plus en plus de fermetures d'officines et craignent de voir apparaître des déserts pharmaceutiques.

Les pharmaciens sont en grève ce jeudi. En conséquence: beaucoup d'officines devraient être fermées. De plus, une grande manifestation est prévue, à Paris, devant siège de la Caisse nationale d’assurance-maladie et devant les Agences Régionales de Santé un peu partout en France. Outre le fait de protester contre la baisse des prix de certains médicaments, les pharmaciens entendent alerter sur la précarisation de leur situation. Selon le Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens, une pharmacie ferme tous les deux jours en France (chiffre mai 2016). Ils craignent de voir apparaître des déserts pharmaceutiques.

A Saint-Etienne, par exemple, la croix verte de la pharmacie de Monique a cessé de clignoter il y a deux ans et depuis "rien n'a bougé" comme elle le déplore. La pharmacienne était pourtant installée depuis 26 ans au cœur du centre-ville. Mais Monique a dû mettre la clef sous la porte pour des raisons très simples: "J'ai fermé parce que mon chiffre d'affaires a baissé de 50% entre 2010 et 2014. Donc au lieu de faire un burn-out, j'ai préféré fermer".

"Il est de plus en plus difficile de survivre en pharmacie"

La baisse des prix des médicaments, et donc de la rémunération des pharmaciens, empêcherait les jeunes diplômés de se lancer. Et qui fait craindre à Olivier Rozaire, président pour la Loire de l'Union des Syndicats des Pharmaciens d'Officines, l'apparition de futures zones sans pharmacie: "On est dans la même situation que les médecins. A savoir qu'aujourd'hui on est en train de disparaître petit à petit des endroits reculés. On se dit que, si on ne fait rien, la population va se retrouver, dans 10 ou 15 ans, à devoir courir pour trouver où s'approvisionner en produits de santé".

Dans la Loire, entre une et trois pharmacies ferment chaque année et de plus en plus de pharmaciens font face à des difficultés grandissantes. C'est le cas de Laurent Giraud, pharmacien à L'Etrat près de Saint-Etienne. "Il est de plus en plus difficile de survivre en pharmacie tout simplement parce que le prix des médicaments est divisé régulièrement par les pouvoirs publics, assure-t-il. En conséquence, notre chiffre d'affaires baisse en permanence. Mais les charges, elles, restent constantes en revanche. Il faut donc que les pouvoirs publics fassent quelque chose avant qu'il n'y ait plus de pharmacies dans les zones rurales ou en centre-ville".

M.R avec Gwenaël Windrestin