RMC

Grippe: inquiétude autour du virus, après deux années d'intenses mesures barrières

Après plus de deux ans d'épidémie de Covid accompagnée de gestes barrières forts, les médecins craignent la virulence et la propagation du virus de la grippe. Pour le Pr Bruno Lina, virologue au CHU de Lyon et membre du Covars, invité d'"Apolline Matin" sur RMC et RMC Story ce vendredi, l'immunité collective est basse. Il invite le public fragile à se faire vacciner.

Cinq régions de France métropolitaine sont en phase pré-épidémique du virus de la grippe. Il s'agit du Centre-Val de Loire, des Hauts-de-France, de la Normandie, de la Bretagne et de l'Île-de-France. Les soignants craignent justement que la grippe prenne beaucoup d'ampleur cette année.

"Ce sont un peu les conséquences de la circulation intense du Covid", explique le Pr Bruno Lina, virologue au CHU de Lyon et membre du Covars (comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires), invité d'"Apolline Matin" sur RMC et RMC Story ce vendredi.

Depuis l'arrivée du coronavirus en 2020, de nombreuses mesures barrières ont été mises en place pour freiner sa propagation. Par conséquent, la diffusion du Covid a été ralentie et les autres virus également: pendant deux ans, il n'y a presque pas eu de circulation de la grippe.

Une immunité collective basse

"Elle n’a toutefois pas disparu, prévient le Pr Bruno Lina. Elle continuait à donner quelques cas sporadiques et là, maintenant qu’on a levé toutes les mesures de freinage, ce virus s'est remis à circuler."

Le problème, c'est que comme la population a peu été en contact avec des virus ces deux dernières années, l'immunité collective est basse. Pour ce professeur de virologie, il ne faut évidemment pas recourir aux confinements ou aux mesures drastiques, en revanche, "on a des moyens de lutte".

L'un d'eux, c'est la vaccination. Trop peu de personnes vulnérables y ont recours cette année. Ils sont seulement sept millions à s'être fait vacciner, contre près de neuf millions, l'an dernière, à la même période.

Les personnes fragiles invitées à se faire vacciner

Pourquoi la population ne se fait-elle pas vacciner? "C'est multifactoriel: certains pensent qu'il y a une fatigue vaccinale, d'autres qu'il y a une perte de la notion du risque par rapport à la grippe et certains considèrent qu'entre la vaccination contre le covid et la grippe, on brouille le message", précise le Pr Bruno Lina.

Il invite donc toutes les personnes fragiles à se faire vacciner. Cela concerne, entre autres, tous les plus de 65 ans, les personnes atteintes de pathologies cardiaques, respiratoires ou métaboliques, mais aussi les immunodéprimés, les femmes enceintes...

"Ce virus de la grippe a montré dans l'hémisphère sud qu'il est capable de donner une épidémie de taille très importante, pas forcément avec des formes graves, mais qui évolue très vite", ajoute-t-il.

La campagne de vaccination va jusqu'au 31 janvier 2023

Le Pr Bruno Lina souhaite mettre en garde sur les risques de ce virus: "Par exemple, on sait que pendant l’épidémie de grippe, si vous avez une atteinte cardiaque, vous avez dix fois plus de risque si vous êtes infectés (par la grippe) de faire un infarctus du myocarde, quel que soit votre âge."

Pour rappel, la campagne de vaccination contre la grippe se déroule du 18 octobre 2022 au 31 janvier 2023.

AB