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"Il est temps que l'on parle des vieux": l'appel du Conseil national autoproclamé de la vieillesse

Partant du constat d'échec du premier confinement au début de la pandémie de Covid-19, les "vieux" comptent faire entendre leur voix pour l'avenir.

"Être vieux en France aujourd'hui, c'est ne plus être entendu, écouté, pris au sérieux...". Un Conseil national autoproclamé de la vieillesse a été créé en décembre, avec pour but la création d’une instance officielle qui conseillerait le gouvernement sur les questions de politiques publiques adaptées aux personnes âgées.

"L'habitat, l'urbanisme, les finances, la culture, l'accès aux droit et aux soins autant de thèmes dans lequel nous devons agir pour créer un environnement dans lequel nous souhaiterons vieillir", écrivent-ils sur leur page Facebook.

Michel Wieviorka, sociologue, membre du Conseil national autoproclamé de la vieillesse, était l'invité de RMC ce mercredi matin. "Il est temps que l'on parle des vieux et que les vieux parlent eux-mêmes", clame-t-il.

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"Le président actuel avait promis la création d'un conseil de ce genre. A ce jour, la promesse n'a pas été tenue"

Pour définir de quelle "vieillesse" on parle, il précise que ce conseil national de la vieillesse est portée par des membres "autour de 70 ans", même s'il assure que des gens de tous âges participent à ce nouveau collectif.

"On est dans un pays où le pouvoir n'aime pas tellement les corps intermédiaires, les médiations entre lui et les associations. Le président actuel avait promis la création d'un conseil de ce genre. A ce jour, la promesse n'a pas été tenue. On demande à ce que ce soit fait et on agit, de bas en haut."

Le constat "terrifié" du premier confinement dans les EHPAD

"Le point de départ d'un certain nombre d'entre nous vient du constat terrifié de ce qu'il s'est passé durant le premier confinement. Pendant plusieurs mois, on a laissé un certain nombre de vieux dans l'isolement, dans l'incompréhension... Je ne dis pas que la société est indifférente, au contraire. Elle se pose des questions. Le problème, c'est que les vieux ne sont pas dans les radars".

"Aujourd'hui, une partie de notre population n'existe pas"

Ce conseil, comme l'explique Michel Wieviorka, ne demande pas d'être plus considéré que les autres catégories d'âge, pas plus, mais pas moins.

"Ce n'est pas un mouvement 'catégoriel'. Nous ne demandons pas du tout que notre génération soit privilégiée. Aujourd'hui, une partie de notre population n'existe pas, n'est pas considérée. Notre démarche n'est pas politique, pour l'instant. On espère susciter de l'intérêt."

Pour conclure, Michel Wieviorka rappelle que bien d'autres sociétés prennent "plus de considération" pour leurs aînés. "On n'y met pas les vieux à la trappe comme ça".

J.A.