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"Il y a un risque de décès": l'inquiétude avant la fermeture du service de réanimation pédiatrique de l'hôpital du Mans

Les enfants nécessitant des soins en réanimations devront être transférés dans les hôpitaux d'Angers ou de Tours. Pour les professionnels de santé de l'hôpital, cette fermeture augmente le risque de mort.

Faute de médecins suffisants, le service de réanimation pédiatrique de l’hôpital du Mans va fermer mercredi. Les 4 lits disponibles vont être supprimés. Désormais, pour tout enfant intubé, ventilé ou nécessitant des soins de réanimation, il faudra les transférer dans les hôpitaux d’Angers à 1h15 de route ou de Tours à 1h09. Selon les professionnels de santé, les risques de mort sont multipliés. 

Mère de trois enfants, Isabelle craint de devoir dorénavant faire près d’une heure de route en cas de gros soucis de santé. "Je n’ai pas envie de faire des kilomètres pour emmener mon fils, être séparé de mon fils... Ici, c’est vrai qu’on avait tout. Ça fait peur pour l’avenir", estime cette mère. 

Victimes d’accident de la route, méningite, détresse respiratoires ou cardiaques, les patients de 3 mois à 18 ans arrivent au service en état d’urgence. Désormais, ils seront redirigés dans les hôpitaux de Tours ou d’Angers.

Pour Bérengère, infirmière puéricultrice au Mans depuis 16 ans, ces réorientations multiplient les risques.

"Ça entraîne forcément une fragilisation de cet état de santé puisqu’un transfert ce n’est jamais anodin pour un enfant. Il y a un risque de décès pour ces enfants-là", explique-t-elle. 

Un préavis de grève déposé

Chaque année, environ 80 enfants sont pris en charge dans ce service, le seul de tout le département. Lucille est elle aussi infirmière."Si nous on ferme, et c’est ce qui va se passer, il n’y a pas d’autre solution en Sarthe. On est quand même un gros département, il y a plus de 600.000 habitants, c’est dramatique", affirme-t-elle. 

Pourtant, la direction l'affirme, aucun danger. "Je ne pense pas que nous fassions courir de risques particuliers pour ces enfants en question", affirme Olivier Bossard, le directeur de l’hôpital. Lui aurait voulu conserver ces lits, mais il a du mal à recruter des pédiatres réanimateurs spécialité extrêmement recherchée. 

"Ces disciplines-là sont des disciplines à forte contrainte avec des gardes 24h sur 24, 365 jours par an. Et donc les praticiens qui souhaitent exercer ce sont des disciplines moins attractives que d’autres ", détaille-t-il. 

Les syndicats craignent d’autres fermetures d’ici quelques mois. Ils ont déjà déposé un préavis de grève pour lundi prochain.

Cyprien Pézeril et Valentine Rault avec Guillaume Descours