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Problème de prise en charge aux urgences: "A une vingtaine de minutes près j’aurais pu y passer"

Christophe Musslin, Alsacien de 41 ans, a été opéré pour un infarctus du myocarde. Il dénonce une défaillance dans la prise en charge.

Une enquête ouverte à Mulhouse après la mort d’une femme de 60 ans pour laquelle le Samu ne s’est pas déplacé. Le parquet de Mulhouse a ouvert samedi une information judiciaire pour "non-assistance à personne en danger". L'affaire remonte au mois de juin dernier. 

L'alerte est donnée par la directrice d’une agence intérimaire qui employait la victime. Souffrant, selon son employeur, d'importante douleur au bras gauche et au thorax, cette femme ne peut pas venir travailler. La directrice contacte alors le Samu. Mais aucun véhicule sanitaire ne s'est finalement déplacé. C'est un voisin qui va retrouver la sexagénaire morte, dans son lit, dix jours plus tard. 

Un problème de prise en charge qui éclate alors que deux plaintes ont déjà été déposées en 2018 auprès du parquet de Mulhouse contre le Samu du Haut-Rhin. Deux mauvais diagnostics auraient été faits par les médecins régulateurs du Samu. À l'époque, l'un des patients est décédé. 

L'autre, Christophe Musslin, un Alsacien de 41 ans, opéré pour un infarctus du myocarde, a survécu. Révolté par ce nouveau drame.

Transféré au bloc opératoire

C’est en juin dernier. Le 28 mai 2016, après avoir fêté l'anniversaire de sa fille, Christophe Musslin est pris de fortes douleurs au thorax, en pleine nuit. 

"J’ai donc contacté le Samu qui m’a conseillé de prendre un doliprane et de retourner me coucher en espérant que ça aille mieux et toutefois de les rappeler si le mal ne passait pas. Ce que j’ai fait quelque temps après parce que la douleur devenait vraiment insupportable. Et après un échange avec le médecin régulateur, il m’a dit qu’il fallait effectivement que j’aille aux urgences, mais qu’il n’enverrait pas d’ambulance et que je devais m’y rendre par mes propres moyens. Chose que j’ai fini par faire", indique-t-il. 

À son arrivée à l'hôpital, il est directement transféré au bloc opératoire des urgences cardiaques. 

"On me dit à ce moment-là qu’à une vingtaine de minutes près, j’aurais pu y passer et ne plus être là aujourd’hui. Ce n’est quand même pas possible que lors d’un appel au Samu, on puisse ne pas intervenir dans ce genre de cas", indique-t-il.

Christophe Musselin espère que la justice se saisisse sérieusement de cette nouvelle affaire, pour améliorer la prise en charge des patients par le Samu du Haut-Rhin.

Marie Monier avec Guillaume Descours