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"Ils m’ont menacé de me saigner": des soignants agressés aux urgences de l'hôpital d'Orsay dans l'Essonne

Le collectif "Inter-Urgences" élu "Grande Gueule de l'année 2019" par les Français

Le collectif "Inter-Urgences" élu "Grande Gueule de l'année 2019" par les Français - RMC

Le personnel soignant a été agressé par un homme dans la nuit de Noël. Depuis le personnel soignant de garde est en arrêt maladie.

Quatre soignants portent plainte après une agression la nuit de Noël. Ces infirmiers de l'hôpital d'Orsay dans l'Essonne, ont été agressés par le conjoint d'une patiente. L'homme aurait trouvé que les soins apportés à sa femme n'étaient pas assez efficaces avant de s'en prendre aux soignants et de les menacer avec un couteau. 

Vers deux heures du matin, cette infirmière prend en charge une femme pour des douleurs. Il y a beaucoup d'attente aux urgences cette nuit-là. Mais son mari s'impatiente. "Il ne nous écoute pas. Il dit qu’on ne fait rien pour elle, qu’on ne lui a rien donné pour la douleur. On lui dit que oui et là, il se rapproche d’un collègue brancardier et les choses ont dégénéré", explique une infirmière la voie tremblante. 

Suivi psychologique

Une dizaine d'autres personnes accompagnent aussi cette patiente. Le ton monte. Ce soignant s'interpose et se retrouve alors pris pour cible. 

"Le monsieur me saute dessus, il m’agresse physiquement. Après, il court pour ressortir du service pour aller chercher ses autres collègues qui étaient en salle d’attente. Ils m’ont menacé, ils m’ont menacé de me saigner. C’était une scène d’horreur dans le service. J’ai dû me cacher dans un box, en sachant qu’il y avait des pompiers dans ces boxs. Heureusement qu’il y avait des pompiers qui étaient là pour essayer de les contenir", détaille-t-il. 

Par peur de représailles, ce soignant ne sort plus de chez lui. "J’arrive toujours à me faire à cette scène qui s’est passée. On est là pour soigner des gens. On demande juste que les établissements soient sécurisés. En arriver jusque-là, c’est inadmissible", estime-t-il. 

Il a rendez-vous avec psychologue du service ce lundi. L'homme, issu de la communauté des gens du voyage, a été placé en garde à vue dans la nuit du 24 au 25. Depuis l'agression, les soignants de garde sont en arrêt maladie.

La direction a annoncé qu'elle allait renforcer sa sécurité en déployant de nouveaux vigiles. Pour l'instant, un seul agent de sécurité veille sur les trois bâtiments du centre hospitalier. Un digicode sera aussi installé pour sécuriser les accès réservés au personnel.

Laura Taouchanov avec Guillaume Descours