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"Il y a une baisse de la sexualité": le confinement, véritable briseur de couples?

L'enfermement peut mettre la solidité des couples à rude épreuve. Selon une étude de l'IFOP, un couple sur dix dit vouloir prendre ses distances à la fin du confinement.

Le confinement pourrait être fatal à beaucoup de couples. Selon une étude de l'IFOP pour un site de consultations en ligne de sexologues : un couple sur dix (11%) compte prendre ses distances au moment du déconfinement et 4% des couples sondés ont même l'intention de rompre définitivement.

Basile est célibataire depuis 15 jours. La vie confinée à deux a eu raison d'une relation de cinq ans avec son ex-compagne.

“Au début du confinement, on se dit que ça pouvait être une occasion d’avoir plus de moments en commun. Le problème, c’est que le fait de se retrouver l’un sur l’autre en permanence et surtout de subir l'environnement professionnel de son partenaire, ça a fait émerger plein de choses. Ca a été un peu le crash-test et c’est terminé”, explique le jeune homme. 

Les jeunes, peu habitués à une vie commune, seraient les plus concernés. Car le confinement exacerbe ce que l'un n'aime pas chez l'autre. “L’intensité de ce que l’on vit va faire que ça va germer, ça va se déployer. Donc effectivement, il y avoir la question des prises de pouvoir, les questions matérielles aussi comme, quelle est la meilleure manière de remplir le lave-vaisselle, ou de ranger le frigo. Ca peut être aussi la façon de faire cuire un plat ou quelle place on a l’un par rapport à l’autre”, affirme Anne Dubois Dejean, de l'Association Nationale des Conseillers Conjugaux.

Une baisse des rapports sexuels chez les couples

L’étude de l’IFOP révèle aussi qu’un couple sur cinq, soit 21%, qui sont confinés sous le même toit, n’ont pas eu de rapports sexuels au cours des quatre dernières semaines. Un chiffre deux fois plus élevé qu’à la normale. 

“On pouvait penser que les célibataires pâtiraient du confinement puisqu’ils n’auraient pas de partenaire sous la main, ce qui est logique, mais ce qui est intéressant, c’est qu’il y a aussi une baisse de l’activité sexuelle chez les personnes en couple. Nous, on l’explique notamment par le stress. Il y a tout un ensemble d’études qui ont montré qu’il y avait une vague d’anxiété, de stress, de nervosité assez exceptionnelle chez les Français. Ce genre de crise a un véritable impact sur le bien-être psychique et psychologique. Or, on sait que c’est cet élément psychologique qui a un véritable impact sur la sexualité des gens. Et si à ça vous ajoutez les tensions nées d’une coexistence, d’une cohabitation au quotidien avec son partenaire, on a assez logiquement une baisse de la fréquence des rapports sexuels”, explique François Kraus, directeur du pôle politique-actualité à l’IFOP.

Mais rassurez-vous, tout n'est pas perdu : selon l'étude, le confinement n'a rien changé pour 60% des couples interrogés. Et 30% d'entre eux affirment même que la situation les a rapprochés.

Gwenaël Windrestin avec Guillaume Descours