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"Impôts, URSSAF, TVA... Toute notre vie, on a été des bons petits soldats": la grogne des commerçants qui manifestent

REPORTAGE RMC - Les commerçants et indépendants manifestent ce lundi à Lyon appelant le gouvernement à l'aide face à la crise économique liée au Covid-19.

La colère des commerçants et entrepreneurs indépendants ne faiblit pas. À l’approche des fêtes de Noël, alors même que les incertitudes règnent sur une réouverture potentielle de certaines enseignes le 1er décembre prochain, les rassemblements se multiplient.

Ce weekend, des mouvements ont été menés à Nice et Marseille. Ce lundi après-midi, ce sera à Lyon, c’est d’ailleurs la troisième manifestation dans la capitale de Rhône depuis le début du confinement.

Un rassemblement à l’appel d’un collectif “Au nom des indépendants” créé au début du reconfinement, qui réunit à la fois petits commerçants, restaurateurs, hôteliers. Ils ont été ralliés par plusieurs syndicats professionnels, la FNH, l’UMIH, la CPME avec un mot d’ordre: “Laissez-nous travailler”.

Plusieurs centaines de personnes sont attendues. Une fronde qui s’organise localement, et qui pourrait s’étendre à tout le territoire.

"On a alimenté les caisses de l’Etat, on a payé nos impôts, l'URSSAF, la TVA..."

Jusqu’à la tombée de la nuit, ils ont ajusté chaque détail, des mesures de sécurité sanitaire au déroulé du rassemblement. Un SOS inscrit en bleu blanc rouge sur une gigantesque bâche.

Anne, créatrice de mode de 48 ans, prendra la parole durant le rassemblement:

"Toutes nos vies on a été des bons petits soldats, on a alimenté les caisses de l’Etat, on a payé nos impôts, l'URSSAF, la TVA... Et aujourd'hui on nous emmène dans le mur."

Un cri de colère de désespoir, qui dépasse la région lyonnaise, nous confie cette commerçante.

"Depuis lundi dernier, je suis contactée tous les jours, 10 fois par jour. Beaucoup de mes clients dans toute la France qui m’appellent pour savoir comment il faut faire pour rallier le mouvement et organiser la même chose dans leur propre ville. Des commerçants mais aussi le secteur de l’événementiel, des artistes, des restaurateurs et hôteliers portent les mêmes revendications que nous."

"On veut tout simplement sauver nos vies"

A coté d’elle, Jean-Sébastien, est furieux : "On est tous au bord du gouffre, inquiets sur le devenir de nos entreprises. Aujourd’hui, d’un point de vue sanitaire le gouvernement fait le choix de protéger les plus fragiles. D’un point de vue économique, ce n’est pas ce qui est fait pour les plus fragiles. Incompréhensible."

Ce Lyonnais tient une dizaine de boutiques de prêt à porter.

"Le gouvernement ne fait pas rien. Il y a le chômage partiel, ça fonctionne, mais à coté de ça c’est totalement insuffisant. le compte n'y est pas. Les aides ne sont à la hauteur des enjeux."

C’est cette urgence, le risque de tout perdre qui les pousse à manifester pour la troisième fois en un mois.

"On a une colère qui est légitime, on veut tout simplement sauver nos vies. Quand on dit au bord du gouffre, il y a des gens qui sont au bord du suicide. Rendez-vous compte! Ce n'est pas une image. Est-ce que le gouvernement va compter les morts liés à cela comme les morts du Covid?"

Et ces entrepreneurs indépendants préviennent: tant qu’ils ne seront pas rassurés....ils resteront mobilisés. 

Benoît Ballet et Marie Monier (avec J.A.)