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Interdiction des notes inférieures à 10/20 à la Fac: vers un diplôme mésestimé ?

Faut-il interdire les notes en dessous de 10 au second semestre dans les universités ? Oui, estime David Dickens tandis que Zohra Bitan déplore le manque de courage face au coronavirus.

Plusieurs facultés ont décidé d’interdire les notes en dessous de 10 aux examens compte tenu des conditions particulières, alors que l’épidémie de coronavirus a entraîné la fermeture des universités. Conséquence, tous les étudiants des facs concernés se retrouveraient avec une moyenne d’au moins 10 au second semestre, facilitant grandement un passage en année supérieure.

A la Sorbonne, le débat fait rage. Les syndicats étudiants soutiennent cette mesure tandis que le recteur de Paris et plusieurs professeurs ont saisi le tribunal administratif. "Donner la moyenne à tout le monde, c’est en réalité refuser qu’une évaluation digne de ce nom puisse avoir lieu. Sans la possibilité de l’échec, quel est le sens de la réussite ?", interroge au micro de RMC François-Guy Trébulle, directeur de l’école de droit de la Sorbonne.

"Cela n’enlèvera rien aux étudiants qui auront réussi de toute façon", a répondu indirectement David Dickens sur le plateau des "Grandes Gueules" ce mercredi. "Jamais je n’ai demandé, en 20 ans de recrutement, quel était l’année d’obtention dudit diplôme et quel était le climat social. Aucun employeur ne dira à un étudiant : 'Vous avez eu votre diplôme en 2020 ? C'est l'année du covid-19 je ne vous prends pas !'", a asséné le directeur marketing de profession.

"Mais filez-leur !"

"Allons-y donnons-leur les diplômes à ces étudiants, c'est open bar ! Mais pour leur donner quoi derrière ?! Quel monde d'après ?!", s’est offusqué de son côté Zohra Bitan. "C’est quel avenir pour ces gens ? On leur dit qu’on ne peut pas sortir parce qu’il y a le covid-19, on va leur donner un diplôme mais ils n’auront pas de travail", a-t-elle lancé, déplorant le climat de peur lié au coronavirus qui immobilisait la France.

"On est courageux ou on est pas courageux ? On ne l’est pas. On est en train de dire à nos enfants qu’on a peur qu’il ne faut pas ouvrir les restos, les plages et les piscines. Et après on chiale pour des diplômes ? Mais filez-leur ! On ne va pas sacrifier toute une génération !", a ajouté Zohra Bitan très remontée.

En attendant, professeurs et étudiants restent suspendus à la décision du tribunal administratif de Paris qui doit se prononcer la semaine prochaine sur l’application d’une telle mesure.

G.D.