RMC

Intoxications dans le Maine-et-Loire: "On a du mal à respirer, on ne peut pas rester dehors"

Un champ - Illustration

Un champ - Illustration - FRANCK FIFE / AFP

Après plusieurs intoxications, le Préfet du Maine-et-Loire a décidé de suspendre l'utilisation du métham sodium, un produit phytosanitaire utilisé pour la culture de la mâche.

La préfecture du Maine-et-Loire a suspendu samedi et jusqu'au 26 octobre l'utilisation du métham sodium, un produit phytosanitaire très utilisé dans la région pour la culture de la mâche. Ce produit est soupçonné d'être à l'origine de deux épisodes d'intoxication sur le département. En quelques jours, ce sont 61 personnes qui ont été intoxiquées, souffrant d’irritations des voies respiratoires ou des yeux.

"Il faut fermer toutes les fenêtres, il n’y rien à faire on ne peut pas rester dehors. On a du mal à respirer parce que cela sent très mauvais. Pour moi il faut l’interdire parce que si ça continue on va nous aussi continuer les allers retours à l’hôpital", explique Jean-Pierre qui habite à proximité des champs incriminés.

Une association réclame l'interdiction définitive

Mardi, ce sont 17 personnes qui ont été hospitalisées, obligeant le préfet du département Bernard Gonzalez à suspendre les épandages: "On a rapidement décelé dans le cadre d’une enquête administrative et judiciaire qu’il y avait vraisemblablement de mauvaise pratique et le non-respect d’obligation pour l’utilisation du métham sodium".

Mais pour Yves Lepage, président de l’association la sauvegarde de l'Anjou qui a porté plainte contre X, la suspension des épandages est insuffisante : Il faut que le ministre de l'Agriculture interdise le métham sodium en France comme c'est déjà le cas dans d'autres pays européens. Ces produits ont suffisamment d’effets nocifs pour que l’on applique le principe de précaution".

Il y aurait eu des manquements à la réglementation : les sols seraient trop secs et trop chauds pour que le produit soit appliqué sans risque... et cela aurait provoqué trois phénomènes d'intoxication de personnes présentes à proximité des épandages. 

Claire Checcaglini (avec G.D.)