RMC

"J’ai changé d’avis et je vais me faire vacciner": en plein Covid, les personnes à risques appelées à se faire vacciner

-

- - RMC

Les académies de médecines et de pharmacies demandent aux personnes à risques de se faire vacciner pour éviter que les malades de la grippe saisonnière ne s'ajoutent aux malades du Covid-19.

La campagne de vaccination contre la grippe démarre ce mardi. Si vous êtes personnes à risque, plus de 65 ans, personnes atteintes de pathologies chroniques ou encore femme enceinte, n'hésitez pas à aller vous faire vacciner vite. C'est ce que préconise l’Académie de pharmacie. Fabienne est une personne à risque. D'habitude, elle ne se fait jamais vacciner contre la grippe, mais cette année est à part. “J’ai changé d’avis et je vais me faire vacciner”, indique-t-elle. 

Si elle franchit le pas, c'est avant tout pour se rassurer. “Si je me vaccine, peut-être que j’aurais moins de chance de l’attraper. J’ai envie de vivre, je vais être grand-mère, j’ai envie de voir mes enfants”, assure-t-elle. 

Un stress qui gagne aussi les personnes non-prioritaires comme Nathalie, qui a déjà réservé les vaccins pour toute sa famille. “Je connais une amie qui est pharmacienne donc je lui ai demandé de m’en réserver cinq pour être sûre. Comme on ne peut pas se protéger contre le covid maintenant, au moins je serai protégée contre la grippe”, explique-t-elle. 

Des comportements qui inquiètent Renaud Nadjahi. Le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine des Yvelines lance un appel pour éviter les pénuries de vaccins. 

"Je crois qu’il est important qu’il y ait un civisme notamment vis-à-vis des personnes à risques. Permettons aux plus vulnérables de se protéger et ensuite, on essayera de protéger l’ensemble de la population en fonction de leur volonté”, affirme-t-il. 

Il y a près de 16 millions de personnes à risques en France, pour répondre à cette demande les stocks de l'Etat ont été augmenté de 30% par rapport à l'année dernière. Et cette année, l'enjeu est tout particulier pour les établissements de santé. Certains choisissent d'intensifier leurs efforts pour vacciner leurs effectifs.

Les soignants en première ligne

Parmi le personnel de l’hôpital d’Amiens, Patrick Dusoulier est le premier à se faire vacciner contre la grippe. Ce cadre de santé veut donner l’exemple. “Je pense qu’il y a un message à faire passer à la population que ce soit la population à risque ou pas. Mais également aux personnels qui vont traiter ces prochains mois les patients”, indique-t-il. 

Un message qui ne touche pas tout le monde. Selma et Halima sont étudiantes en santé, elles aussi au contact des patients. Lorsqu’elles en parlent, la question de la vaccination fait débat. Pour Halima, la réponse est non. “Le vaccin de la grippe peut aussi vous affaiblir le système immunitaire. Donc peut-être qu’à ce moment-là vous pouvez contracter le covid-19”, explique-t-elle. 

C'est totalement faux, le vaccin renforce même le système immunitaire, répondent le ministère de la Santé et l'institut Pasteur. Il n'empêche, l’année dernière, le taux de vaccination parmi le personnel de l’hôpital d'Amiens était de 40%. Un chiffre encore trop faible selon l’infectiologue Jean Luc Schmit.

“Il y a encore de la marge, mais c’est beaucoup mieux que ce que c’était il y a encore quelques années. Et puis je crois que les gens sont conscients qu’il y a déjà le covid, il ne faut pas attraper la grippe en plus”, plaide-t-il. 

L’hôpital espère qu’au moins 6 soignants sur 10 se feront vacciner cette année.

Florian Chevallay, Maryline Ottmann et Alfred Aurenche