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"J’ai peur de ne pas y arriver": après 9 mois d’absence, les étudiants retrouvent les bancs de l’université avec appréhension

C'est le début ce lundi matin du deuxième semestre dans l'enseignement supérieur. Un deuxième semestre, qui sera perturbé comme le premier par l'épidémie de Covid-19, ce qui inquiète les étudiants.

Tous les établissements d'enseignement supérieur sont censés accueillir à nouveau à partir de ce lundi les étudiants prioritaires en présentiels. Par petit nombre, quelques heures par semaine et seulement pour certains niveaux. Une reprise des cours en présentiel pour les étudiants les plus en difficultés.

Comment identifier ces élèves en difficultés?

A Reims, l'université a envoyé un questionnaire à ses étudiants pour déterminer ceux qui ont besoin d'un accompagnement d'urgence. Et c'est urgent à écouter le président de l'université Guillaume Gellé, qui parle d'étudiants "en détresse".

Sacha, vit dans sa chambre étudiante de 9m² à Reims, il a failli décrocher mais s'est repris in extremis. Depuis fin octobre sa vie se résume à ça: "Je reste enfermé dans ma chambre toute la journée pour travailler, réviser et dormir".

Dans son tout petit appartement, difficile pour cet étudiant en droit de s’accrocher, de continuer à suivre les cours à distance: "A un moment, je n’y arrivais plus, je ne faisais plus rien. Des amis m’ont aidé, m’ont envoyé des messages de soutien donc ça m’a remotivé mais c’est vraiment dur. Le rythme est très dur à tenir que ce soit psychologique ou même sur le plan physique. J’espère que ça va vite passer".

"On se demande si on est bien préparés ou pas pour l’avenir"

Résultat: quand il pense à l’avenir, Sacha oscille entre stress et angoisse. "J’ai un peu peur pour la rentrée. Peur que ça recommence, de ne pas y arriver, que les conditions soient les mêmes. On se demande si on est bien préparés ou pas pour l’avenir avec ce genre de formation".

Tout cela, Guillaume Gellé en a bien conscience, Sacha est loin d’être un cas isolé. Le président de l’université de Reims craint de nombreux décrochages: "Pour nous, c’est le risque majeur. Il y a deux types de décrochages: un décrochage social et puis pédagogique massif de ces étudiants".

Alors l’université a envoyé un questionnaire à ses étudiants pour déterminer combien parmi eux ont besoin, en priorité, de retourner à la fac. 

"Certains nous ont fait savoir que dans certaines disciplines, ils aimeraient être accompagnés. Nous allons mettre en place cet accompagnement. Mais d’autres ont aussi besoin d’être reboostés pour pouvoir démarrer ce second semestre dans les meilleures conditions. Là, il s’agira peut-être plus de coaching que d’enseignement disciplinaire".

"Vous allez réussir vos études, on va faire le maximum pour vous accompagner"

Des étudiants en grande difficulté qui feront leur rentrée par petits groupes dès les 11 janvier prochain: "Il nous paraissait extrêmement important de pouvoir, avec ces étudiants les plus fragiles, leur dire qu’il ne faut pas baisser les bras, vous allez réussir vos études, on va faire le maximum pour vous accompagner. Il faut nous faire confiance et agir dans l’intérêt de nos étudiants et de notre jeunesse".

Et même s’il est en effet indispensable pour certains de raccrocher le wagon avec l’université, l’épidémie progresse dans le Grand Est, et les étudiants craignent, eux, de ne pas retrouver les bancs de la fac avant encore de longues semaines.

Romain Houg (avec C.P.)