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"J'ai servi la France!": pourquoi la préfecture de Charente-Maritime refuse-t-elle la naturalisation d'un infirmier en 1ère ligne face au Covid?

Infirmier en première ligne pendant la crise du Covid-19, Leblanc a vu sa demande de naturalisation française rejetée.

Leblanc Bwatila Makambo vit à Saintes, près de La Rochelle. Il est originaire de République démocratique du Congo où il était médecin. Comme son diplôme n'est pas reconnu en France, il a repris des études pour devenir médecin gériatre: il est, en attendant, infirmier à l'hôpital.

Pendant la crise du Covid-19, il entend Marlène Schiappa dire qu'elle va accélérer les procédures de naturalisation pour les personnels de santé en première ligne. Il fait donc une demande... mais elle n'a pas été acceptée.

"Quand j'ai appris que la France était en train de reconnaître les gens qui avaient travaillé en première ligne, je me suis dit 'moi aussi, je vais demander la naturalisation', parce que j'ai souffert, j'ai travaillé dans des conditions que je n'avais jamais vu. J'ai travaillé avec des collègues malades, nous avons souffert pendant l'épidémie", raconte-t-il à RMC

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"La France, c'est le pays que j'ai adopté"

Le motif de refus avancé par la préfecture de Charente-Maritime est qu'il faut 5 ans de séjour régulier pour une demande de naturalisation. C'est vrai... sauf que Marlène Schiappa avait demandé aux préfectures de réduire ce critère et de le faire passer à deux ans seulement pour les personnels de santé au front pendant la crise.

Leblanc reste dans l'incompréhension, lui, qui considère que la France c'est son pays. 

"J'ai servi la France, je sers la France et je servirai la France parce que j'ai choisi la France comme mon pays. J'aime la démocratie et c'est pour cette raison que j'ai fui la République démocratique du Congo. Je suis en France parce que la France c'est le pays que j'ai adopté. Je paye mes impôts en France, toute ma vie est en France et tout ma famille est en France aussi", ajoute Leblanc Bwatila Makambo.

L'avocate de Leblanc a fait un recours au ministère de l'Intérieur. Si dans les 4 mois, il n'y a pas de réponse, ce sera alors considéré comme un rejet implicite et il faudra saisir le tribunal administratif.

RMC a contacté la préfecture des Charente-Maritime et le ministère de la citoyenneté mais sans retour pour le moment.

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Marie Dupin et Anne-Lyvia Tollinchi