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"J’étouffais réellement sous le masque": le calvaire de cette mère, obligée de garder son masque pendant l'accouchement

La grande majorité des maternités françaises imposent en effet le port du masque lors de l'accouchement. Il est d'ailleurs recommandé par le collège national des gynécologues et obstétriciens français.

La plupart des maternités demandent le port du masque pour accoucher afin de limiter la propagation du coronavirus. Un masque bien souvent inconfortable pour les femmes qui accouchent. 

Sur les réseaux sociaux, les récits de femmes racontant avoir été traumatisées se multiplient avec le hashtag #StopAccouchementMasqué. Le collectif Stop aux violences obstétricales et gynécologiques a lancé un formulaire en ligne pour récolter les pratiques dans les maternités. 

Le 19 août dernier, Amélie, 29 ans, met au monde un petit garçon, dans un hôpital du Loiret. Elle doit porter un masque et en garde un très mauvais souvenir. 

“J’étouffais réellement. Je transpirais sous le masque, j’étais trempée de sueur, mais on m’a dit ‘non, non, non, vous devez le garder’. Je n’avais pas le choix. Et en plus, je devais répondre aux questions de l’anesthésiste, pas en criant, mais presque, avec les contractions qui s’intensifiaient toutes les trois minutes. Et quand mon fils est né, ayant un petit visage, le masque me remontait sous les yeux. C’est bête à dire, mais je ne voyais que la moitié de mon fils. Personnellement ça m’a empêché de vivre mon accouchement comme je le voulais”, assure-t-elle. 

Certaines femmes prêtent à accoucher à l'étranger

Alors que faire? Pour le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue, il faut mener des études, pour trouver l'équilibre entre bien-être de la patiente et sécurité du personnel soignant. 

“Quel risque on prend? Et tant qu’on n'a pas fait d’études pour connaître ce risque, il est très compliqué de répondre à cette question-là. Et donc il est probable que chaque équipe médicale aura une réponse qui lui est propre. Le but, c’est de trouver l’équilibre entre tout cela”, explique-t-il. 

Le temps presse, certaines femmes enceintes envisagent d'aller accoucher à l'étranger, en Allemagne par exemple, où le port du masque n'est pas obligatoire. 

Rémi Ink avec Guillaume Descours