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"Je n'ai pas pu lui parler une dernière fois": les larmes de Nathalie, dont le mari est mort du Covid-19 alors qu'il attendait d'être vacciné

TEMOIGNAGE RMC - Nathalie Coulomp était l'invitée de RMC ce matin. Elle interpelle Emmanuel Macron sur la vaccination.

C'est un témoignage puissant et particulièrement troublant. Alors que le gouvernement tente d'accélérer la vaccination, Nathalie, elle, interpelle Emmanuel Macron: son mari, Didier, est mort du Covid-19 à l'hôpital de Lille, dans le Nord, alors qu'il attendait un rendez-vous pour se faire vacciner. 

Son mari, âgé de 66 ans, est décédé dimanche du Covid-19, quasiment un mois après avoir contracté la maladie: il est tombé malade le 23 février, à une semaine de la retraite.

Sur RMC, Nathalie confie: "Il a été testé positif le 23 février. Ca a été 12 jours de températures énormes entre 39 et 40 degrés. Il était à la maison. A partir du moment où l'on n'est positif, c'est le SAMU qui prend le relais".

Sa situation s'est dégradée rapidement: "J’ai appelé le SAMU qui m’a dit de ne pas m’inquiéter, car il n'était pas en détresse respiratoire, que la température allait redescendre. Et le 2 mars, j'ai recontacté le SAMU car il n'allait pas bien du tout. Je l'ai alors accompagné aux urgences. La dernière fois que je l’ai vu, c'est le moment où je l’ai déposé devant la porte des urgences et je suis remontée dans ma voiture, étant moi-même positive. C'est la dernière fois que je l'ai vu".

Le bilan de santé est critique: après un examen au scanner, Didier n'a plus que 50% de capacité pulmonaire. Transféré en réanimation, un médecin annonce alors à Nathalie que son mari doit être placé en coma artificiel. 

"Je n’ai pas pu échanger une dernière fois avec lui au téléphone ni faire quoique ce soit. A partir du 9 mars, j’ai pu aller le voir 1h par jour en réanimation. C'est une chance que j'ai eu. Une chance de le voir 1h par jour. Je l’ai vu décliner. Il y avait des hauts, des bas. C’était un vrai ascenseur émotionnel. Et la température est remontée. Les équipes hospitalières m’ont laissé toute la journée de samedi avec lui. C’est une chance par rapport aux gens du premier confinement" confie-t-elle à Apolline de Malherbe, avec des sanglots dans la voix. 

Chauffeur de bus dans le domaine sportif, il n'avait aucun problème de santé selon Nathalie: il n'était pas dans le public-cible pour se faire vacciner et pourtant, il l'aurait vivement souhaité. Didier était chargé de transporter les sportifs professionnels au stade Pierre-Mauroy, tels que les basketteuses de l’ESBVA ou les adversaires du LOSC.

Sur Twitter, Nathalie a interpellé Emmanuel Macron et Olivier Véran. 

"Mon mari Didier n’attendait qu’une chose, se faire vacciner mais il avait 66 ans! Il est parti... J'aurais aimé être confiné plus vite. il est parti en retraite le 1er mars 2021!

Sur RMC, elle relance son appel et fait part de son incompréhension face à la campagne vaccinale.

"Mon mari n’attendait que la vaccination mais il était dans la tranche d’âge nécessitant la comorbidité, alors qu'il était en forme. Pourquoi ne pas ouvrir à tous ceux qui veulent se faire vacciner? Il y a plein de gens qui veulent se faire vacciner!
Les gens en EHPAD, on peut les protéger, mais pas les jeunes seniors, en fin de carrière. Il a dû attraper ça la dernière semaine de son travail. Ca faisait 30 ans que j'étais avec lui. C'était l'homme de ma vie. Je suis tellement atterrée qu’il soit parti comme ça" se désole Nathalie, pour conclure son témoignage particulièrement touchant sur RMC.

Son témoignage sur RMC.

La rédaction de RMC avec AFP