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"Je n'empêche pas les femmes d'avorter, mais pour moi, ce n'est pas possible", confie une gynécologue sur RMC

"Nous ne sommes pas là pour retirer des vies": le président du Syndicat national des gynécologues (Syngof) a suscité mercredi une vive polémique après avoir assimilé à un "homicide" l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Sur RMC, une gynécologue parisienne le défend.

Un tollé, suscité mardi soir dans un reportage diffusé dans Quotidien sur TMC: le président du Syndicat national des gynécologues assimile l'IVG à un "homicide".

Dans un communiqué commun, Marlène Schiappa et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ont "condamné fermement les propos" du président du Syngof: "Si les médecins ont effectivement le droit de refuser de pratiquer un IVG, ils ont, en revanche, l'obligation d'orienter la patiente vers un autre praticien", rappellent les deux membres du gouvernement. Car ce concept de clause de conscience, est un droit dans cette profession.

"On parle de liberté des femmes mais il y a aussi la liberté de conscience"

Et cette liberté de conscience est indispensable pour cette gynécologue qui exerce en Ile-de-France depuis 15 ans. Elle tient aujourd'hui à rester anonyme, mais pas silencieuse.

"Je ne comprends pas toute la polémique. C’est complètement légitime et légal de ne pas pratiquer l’IVG. Ce n’est pas le rôle des ministres de condamner les propos d’une personne qui a ces convictions. On parle de liberté des femmes mais il y a aussi la liberté de conscience qu’il ne faut pas oublier. Il y a la liberté des deux côtés".

"En tant que médecin, c’est impossible pour moi de supprimer une vie humaine in utero"

Ce sont donc ses collègues qui pratiquent les IVG, pour qu'elle puisse rester fidèle à ses convictions.

"Je n’empêche pas les femmes d’avorter si elles le souhaitent bien sûr mais pour moi, c’est juste pas possible d’enlever cette vie dans le ventre de la mère. C’est pas anodin ni pour les femmes, ni pour les gynécologues qui les pratiquent. C’est au niveau des tripes. En tant que médecin, c’est impossible pour moi de supprimer une vie humaine in utero".

Même si elle regrette des propos maladroits du président du Syndicat national des gynécologues, elle envisage d'adhérer au syndicat en signe de soutien.

Aurélia Manoli (avec C.P.)