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"Je suis phobique des aiguilles et des vaccins": pourquoi la campagne de vaccination patine

De 400.000 primo-injections quotidienne en moyenne à la mi-mai, le rythme a baissé pour atteindre plus de 200.000 actuellement.

C'est une tendance qui inquiète les autorités alors que le cap des 20 millions de Français complètement vaccinés a été franchi jeudi, la courbe des personnes ayant reçu une première injection baisse depuis plusieurs semaines. De 400.000 primo-injections quotidienne en moyenne à la mi-mai, le rythme a baissé pour atteindre plus de 200.000 actuellement.

"Nous devons accélérer, encore. Et rester vigilants car le variant Delta se diffuse. J’appelle nos concitoyens qui ne sont pas encore vaccinés à prendre rendez-vous", a alerté Emmanuel Macron hier sur Twitter. 

"Pour l’instant, cela ne m’a pas empêché de faire quoi que ce soit"

Mais la France semble avoir atteint un plafond de verre et les volontaires de la vaccination ont visiblement déjà obtenu leur précieux sésame. Reste visiblement une bonne partie de personnes qui préfèrent attendre ou ne jamais se faire vacciner.

C'est le cas de Sarah, une Toulousaine de 22 ans pour qui il n'est pas question de se faire vacciner: "Je suis assez phobique de tout ce qui est piqûres, vaccins ! Et donc, cela me fait vraiment peur de me faire vacciner. C’est une phobie qui dure depuis l’enfance donc je me protège avec le masque, j’attends que cela passe", assure-t-elle à RMC.

Julien, étudiant âgé de 23 ans, a choisi lui aussi de ne pas se faire vacciner, mais pour d’autres motifs: "Pour l’instant, cela ne m’a pas empêché de faire quoi que ce soit donc je suis dans l’attente de voir comment la situation va se décanter, et ensuite on va voir comment cela se passe".

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"Le risque de ne pas avoir atteint l'immunité collective c'est d'avoir une quatrième vague"

D'autres préfèrent reporter leur injection après les vacances. Résultat, dans les centres de vaccination, les chaises sont vides comme le constate Pierre Lemaire, pompier et vaccinateur au centre de Saint-Quentin-en-Yvelines: "Je suis là depuis 13h, j'ai vu passer une vingtaine et une trentaine de patients. Habituellement, on est à 70 sur la même masse horaire".

Ces retards dans la campagne vaccinale sont problématiques selon Patrick Berche de l'académie de médecine qui s'inquiète pour la rentrée: "Le risque de ne pas avoir atteint l'immunité collective c'est d'avoir une quatrième vague en septembre-octobre d'autant que dans de nombreux pays, on voit apparaître des mutants".

Un des dirigeants de Pfizer, l'un des vaccins les plus administrés indique que le sérum est efficace à plus de 90% contre le variant Delta, celui qui inquiète actuellement dans les Landes et outre-Manche.

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Margaux Bourdin et Jean-Wilfried Forquès (avec Guillaume Dussourt)