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L'état civil refuse que leur fils s'appelle Fañch: "on ne veut pas changer son prénom"

Après la naissance, le prénom de l'enfant doit être enregistré par l'état civil dans les 5 jours. (Photo d'illustration)

Après la naissance, le prénom de l'enfant doit être enregistré par l'état civil dans les 5 jours. (Photo d'illustration) - Philippe Huguen - AFP

Cinq jours après sa naissance, jeudi dernier, un petit breton né à Quimper n'est toujours pas officiellement reconnu par l'état civil, qui refuse le prénom Fañch que lui a donné ses parents. La faute à un décret datant de 2014. Sur RMC.fr, son papa, Jean-Christophe, fait part de son désarroi et assure qu'il ne veut pas changer le prénom de son fils.

Jean-Christophe, papa du petit Fañch (prononcer Fanche).

"Fañch est né jeudi matin et pourtant, il n'a toujours pas officiellement de prénom, puisque l'état civil refuse de l'enregistrer. C'est le tilde (l'accent, NDR) du N qui bloque. C'est une lettre de l'orthographe breton qui n'est pas reconnue en France suite à un décret datant de 2014 concernant l'usage des signes.

On ne connaissait pas le sexe de l'enfant avant la naissance, mais on savait depuis le début de la grossesse que si c'était un garçon, nous l'appellerions Fañch. C'est un prénom breton qui veut dire François. Il a un arrière-grand-père qui s'appelait comme ça. A l'époque cela n'avait pas créé de problèmes. Il serait né la veille de ce décret, ce serait passé, mais là, non.

"Si on enlève le tilde, son prénom ne voudrait plus rien dire"

Il est né jeudi à 3 heures du matin à l'hôpital de Quimper. Le lendemain, on a reçu un appel dans la chambre et une dame de l'Etat-civil nous a appris qu'elle ne pouvait pas prendre en compte l'inscription, et qu'il fallait changer de prénom d'ici mardi. On est tombé des nues. Pour nous, ce sera toujours Fañch avec un tilde.

La famille, les amis, tout le monde sait qu'il s'appelle Fañch, on ne peut plus changer de prénom. Enlever le tilde, cela ne changerait pas la prononciation, mais ça ne correspondrait plus à rien: ce ne serait plus une orthographe bretonne, ce ne serait pas Français non plus…

"On a reçu beaucoup de soutien"

On veut juste qu'il ait son prénom. C'est comme si un basque ou un Corse ne pouvait pas avoir un prénom à consonance régionale. On a d'ailleurs reçu beaucoup de soutien. Nous faisons partie d'un bagad (orchestre traditionnel breton), nos enfants vont à l'école Diwan (école en langue bretonne), toutes les personnes qu'on y côtoient nous soutiennent. Nous tenons une chambre d'hôtes, et on a même reçu des soutiens d'anciens clients de Paris, de Belgique…

La mairie de Quimper aussi nous soutiens, et nous a dit qu'elle allait essayer de voir avec l'état civil ce qu'il était possible de faire. On croise les doigts et on espère qu'on aura une réponse positive. Fañch est en forme olympique. Il nous a embêté toute la nuit (rires). On espère que l'histoire va bientôt se terminer et qu'on va le laisser tranquille, ce petit bout."

Propos recueillis par Philippe Gril