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La stratégie "tester, tracer, isoler" pas suffisamment appliquée, des mesures plus contraignantes envisagées

La stratégie "tester\/tracer\/isoler" n’est pas appliquée assez sérieusement selon le conseil scientifique. Il ne s’interdit pas d’aller plus loin pour que la chaîne soit efficace.

Le niveau de l'épidémie est "inquiétant" en France et le gouvernement "va être obligé de prendre un certain nombre de décisions difficiles dans les huit à dix jours maximum", juge le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy. Car selon lui, le triptyque "tester, tracer, isoler", stratégie promue par le gouvernement, ne fonctionne pas.

C'est ce que constate le docteur Bertrand Legrand, médecin généraliste à Tourcoing observe que l’isolement des personnes testées positives et des cas contacts n’est pas toujours respecté: Dans les écoles on voit des professeurs en cours de symptômes qui vont travailler. Il y a des fêtes de mariage où des personnes positives se rendent et après on se retrouve avec une ribambelle de contaminés".

"On met la pression car la stratégie "tester, tracer, isoler" n'est pas assez respectée", confirme ce jeudi sur RMC Laëtitia Atlani-Duault, anthropologue et membre du conseil scientifique.

Alors dans certaines régions, le conseil scientifique n’écarte pas la possibilité de mettre en place des "mesures contraignantes" pour la période d'isolement. Une éventualité qui exaspère Rémy Sebbah, médecin généraliste à Marseille et président de la Confédération des syndicats Médicaux Français dans les Bouches-du-Rhône: "C'est ahurissant. on va mettre toutes les personnes susceptibles de le développer dans des ghettos ? Il y a un ras le bol dans la population", assure Rémy Sebbah, médecin généraliste à Marseille et président".

"Le conseil scientifique c'est une chose, mais il faut comprendre que les Français donnent leur avis et il faut écouter leur avis!", plaide-t-il.

Des mesures d'accompagnement pour les personnes isolées

Et c’est bien là tout l’enjeu car une récente enquête de la direction générale de la santé montre très clairement le manque d'adhésion de la population à la stratégie d’isolement.

Le conseil scientifique justement, veut réduire la durée d'isolement et mettre en place des mesures d'accompagnement pour aider les personnes concernées avant de sévir: "Nous souhaitons réduire la durée d'isolement, de 14 à 7 jours. Tout d'abord parce que les données scientifiques montrent que le risque est maximum jusqu'à sept jours et aussi parce que nous jugeons cette mesure très contraignante", promet Laëtitia Atlani-Duault.

"La seconde recommandation c'est la mise en place de mesures d'accompagnement comme des prescriptions d'arrêt de travail, des primes de compensation pour perte de revenus comme les professions indépendantes, des srvices d'accompagnement à domicile", ajoute-t-elle.
Caroline Philippe avec Guillaume Dussourt