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Le gouvernement veut un "électrochoc" face au Covid-19: ces questions avant l'interview d'Emmanuel Macron ce mercredi à 19h55

Depuis plusieurs jours, l'exécutif ne cesse de distiller publiquement comme en privé des messages alarmistes sur le regain de l'épidémie de coronavirus qui menacerait de submerger le système de santé, notamment à Paris où la situation est jugée "dramatique", selon plusieurs sources.

Rien ne devrait être annoncé avant l'interview du président mercredi à 19h55 sur TF1 et France 2, qui doit durer 45 minutes, sa première longue intervention sur le coronavirus depuis le 14 juillet.

Comme vous le révélaient RMC et BFMTV lundi soir, le gouvernement envisage un couvre-feu dans certaines grandes villes touchées par le Covid-19 dont Paris. C'est une piste de travail sur la table d'Emmanuel Macron, le président de la République, qui doit s'exprimer ce soir à 20h dans le cadre d'une interview accordée à TF1 et France 2. 

Pourquoi l'hypothèse d'un couvre-feu?

Piste privilégiée par l'exécutif: un couvre-feu localisé, le soir à partir de 20h, pendant au moins trois semaines. L'idée est de provoquer un "électrochoc", avec cette mesure qui impliquerait donc, si cela était confirmé, la fermeture en soirée des restaurants, des cinémas, des théâtres et une limitation des déplacements. 

Et les questions posées par cet éventuel couvre-feu sont nombreuses. est-ce le retour des attestations et des dérogations pour pouvoir se déplacer la nuit? Pour quelles raisons les déplacements resteront autorisés? Ou est-ce la simple fermeture des commerces à partir d'une certaine heure sans interdiction officielle de déplacement? Quid des transports en commun continueront-ils à circuler normalement?

Selon nos informations, les opérateurs d'Ile-de-France travaillent déjà sur plusieurs scénarios, comme la quasi fermeture du réseau ou la forte baisse des cadences. Mais la question la plus cruciale reste, bien sûr, celle de l'horaire: 20h ou 22h? La question doit être tranchée par Emmanuel Macron d'ici à ce soir. Pour le ministère de la Santé, "le plus tôt sera le mieux". 

"Eviter un reconfinement général"

D'autres annonces sont aussi à prévoir: un nouvel encouragement au télétravail, le passage en visioconférence des cours dans les universités, sauf pour les 1ères et 2èmes années. En revanche, il n'est pas question d'un confinement général, ni de fermer les écoles. Sa priorité reste plus que jamais "d'éviter un reconfinement général" pour ne pas remettre l'économie et la vie sociale à l'arrêt.

Mais dans la panoplie de restrictions à sa disposition, qui peuvent aller jusqu'à un couvre-feu total à partir de 20h ou 21h dans les zones les plus frappées par la virus, lesquelles Emmanuel Macron retiendra-t-il?

"Il faut marquer les esprits car la situation est grave, catastrophique sur le plan sanitaire" disait un proche du chef de l'Etat à RMC. Mais l'expression même de couvre-feu et ce qu'elle symbolise ne fait pas en revanche l'unanimité chez les scientifiques et les médecins.

Le président des doyens de facultés de médecine la considère "excessive" et peut-être contre-productive car "nous ne sommes pas aujourd'hui en guerre". C'est pourtant la solution que le gouvernement pourrait retenir pour tenter de réduire les soirées festives et les rassemblements entre amis à défaut de pouvoir réglementer les événements dans la sphère privée, lieux de forte contamination.

"Toutes les options sont sur la table", répond son entourage, en soulignant à quel point "l'heure est grave". A priori, tout reconfinement national ou local, apparenté à l'arme ultime, semble toutefois écarté, et les dispositions actuellement en vigueur pour les écoles, collèges et lycées devraient être prolongées, comme l'a indiqué mardi soir le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer.

Les derniers chiffres montrent encore une augmentation globale du nombre de personnes en réanimation (1.633 pour une capacité actuelle nationale d'environ 5.000 lits) et 84 décès en 24 heures, avec un bilan global de près de 33.000 morts en sept mois. Une résurgence inquiétante de la pandémie qui conduit d'autres européens à durcir aussi les mesures pour tenter d'en limiter la progression et éviter un confinement dévastateur pour l'économie, le FMI tablant sur une contraction du PIB mondial de 4,4% cette année. 

La rédaction de RMC avec Jérémy Trottin