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Le mal-logement, facteur aggravant de propagation du Covid-19?

Alors que la deuxième vague de l'épidémie est là, à Marseille, un médecin du CHU de la ville alerte sur le mal-logement qui serait un facteur aggravant de propagation du coronavirus. Elle dit recevoir de plus en plus de patients, cas contact ou positif qui ne peuvent pas se confiner correctement dans des logements insalubres ou trop petits.

Le mois dernier, Meriam a contracté le coronavirus. Pendant 20 jours, elle s’est enfermée dans son logement. Un petit trois pièces qu’elle partage avec sa mère, son mari et ses deux filles.

"Mon mari, il a occupé la petite pièce. Les petites, elles sont restées en bas avec ma mère, elles ont dormi tête-bêche dans un fauteuil. J’étais à l’étroit, j’étais mal à l’aise. Je lavais tout à la javel, j’ai consommé 5 ou 6 litres d’eau de javel pendant ces 20 jours”, explique-t-elle. 

Le plus difficile à vivre pour Myriam était la peur de contaminer ses proches. “Je n’avais pas de gros symptômes à part que j’étais un peu essoufflé. J’étais obsédée par la maladie. Je me disais, il y a le virus dans ma salive, je vais les contaminer”, ajoute-t-elle. 

Un facteur aggravant

Par chance, aucun membre de la famille de Myriam n’a été contaminé. Le médecin Annie Levy-Mozziconacci voit régulièrement des patients qui ne peuvent pas se confiner correctement.

“La forme la plus importante de contamination, ce sont les formes familiales au sein de l’habitat. Aujourd’hui, il faut prendre en compte le mal-logement. C’est les logements insalubres, les logements trop petits par rapport à la population qui y vit. Il va falloir proposer des lieux pour isoler les personnes covid-positives”, explique-t-elle.

La préfecture a ouvert depuis avril 50 places d’isolement pour tout le département des Bouches-du-Rhône. Insuffisant pour Annie Levy-Mozziconacci qui demande à ce que des chambres d’hôtel soient ouvertes.

Margaïd Quioc avec Guillaume Descours