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"Le plus dur, c'est de ne pas voir mes enfants": le douloureux isolement des malades du coronavirus

Certains patients sont hospitalisés sans pouvoir voir leurs proches. Un isolement douloureux pour les malades déjà fragilisés physiquement et psychologiquement par le virus, qui n’ont comme seul relais les équipes médicales.

Les vacances en famille à Balarut-les-Bains, puis en Espagne… Michel,73 ans, avait tout réservé, tout prévu et puis il a contracté le coronavirus. Essouflé, il respire avec un masque à oxygène d’où sort un filet de voix à peine audible.

Cela fait 10 jours qui est hospitalisé. 10 jours qu’entre les quatre murs de la chambre 170, il pense sans cesse à sa famille: "Ma femme, ma fille qui pleure sans arrêt, mes enfants, mes trois petites-filles. C’est ce qu’il y a de plus dur: ne pas voir mes enfants".

Mais les règles sont strictes, aucune visite n’est autorisée.

"C'est dur pour eux, et pour nous aussi"

L’isolement, c’est ce qui rend encore plus difficile la prise en charge des patients atteints du coronavirus, explique Mireille, infirmière:

"C'est très difficile, il ne voit personne à part nous. La difficulté, c'est de voir qu'il se sent seul. Parfois il est tellement fatigué qu'il ne peut pas parler, et la famille n'est pas là. C'est dur aussi de gérer la famille au téléphone. C'est dur pour eux, et pour nous aussi, nous sommes soignants, mais aussi humains".

Michel espère sortir bientôt et revoir sa famille, guéri. Quitter enfin les quatre murs de la chambre 170.

Selon un dernier bilan lundi soir, l'épidémie de coronavirus a fait 14.967 morts en France, 574 de plus depuis dimanche. 9.588 personnes sont mortes dans les hôpitaux (335 de plus en 24 heures) et 5.379 dans les maisons de retraite et autres établissements médico-sociaux (239 morts de plus en 24 heures). Pour le cinquième jour consécutif, le nombre de patients en réanimation a également baissé: 24 patients en moins depuis dimanche. 

Marie Monier et Laura Taouchanov