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Le "revenge porn" en hausse durant le confinement? "Ils n'ont plus la rue, donc ils utilisent Internet"

La publication de photos intimes sans le consentement des personnes concernées redoublerait en ces temps de confinement. Certains comme Shanley, étudiante de 21 ans, luttent contre cela pour aider les victimes.

Shanley, 21 ans, est étudiante en première année de sciences politiques à l’université Paris 8. Elle traque et dénonce depuis fin mars les comptes qui publient des images de "revenge porn" qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Ces photos et vidéos intimes sont publiées sans consentement et se retrouvent en ligne, publiés parfois par l'entourage ou les ex-amis. Et depuis le début du confinement, ces vengeances redoublent d'intensité dénonce Shanley.

"En majorité, ce sont des garçons qui sont à la manœuvre. Ils n’ont plus la rue pour faire du mal aux filles, donc ils utilisent les réseaux sociaux", dénonce-t-elle.

L’idée de lutter contre ce phénomène lui est venue après l’alerte de sa petite sœur âgée de 16 ans. "Elle m’a prévenu que dans son lycée des Yvelines, plusieurs filles étaient affichées (à leur insu) sur Snapchat". Sur Twitter, l’étudiante reçoit jour après jour des messages de jeunes filles en détresse qui ont vu leurs photos dénudées circuler en ligne.

"Toujours signaler, ne pas participer"

Pour aider ces dernières à faire supprimer chacun de ces comptes, Shanley envoie d’abord un signalement auprès du réseau social puis auprès de la plateforme Pharos du ministère de l'Intérieur, et des services de protection de l'enfance.

"Avec notre groupe Stop-Fisha on traque les comptes et on signale massivement pour que les images soient supprimées. Toujours signaler, ne pas participer, ne pas prendre de captures d'écran, et rester vigilants."

Avec le confinement, ces comptes "ont explosé", selon Justine Atlan, directrice générale de l'association E-enfance, qui explique à l'AFP qu'elle reçoit actuellement plus de 350 appels par semaine sur la ligne nationale NET Ecoute contre le cyberharcèlement.

20% des appels aboutissent à un signalement aux plateformes internet par NET Ecoute, contre 10% avant le confinement, et cela "majoritairement du fait des comptes ficha" (afficher en verlan ndlr).

Depuis 2016, le "revenge porn" est un acte puni par la loi: l’article 226-2-1 du Code pénal indique que quand les faits concernent "des paroles ou des images présentant un caractère sexuel prises dans un lieu public ou privé, les peines sont portées à deux ans d’emprisonnement et à 60.000 € d’amende".

J.A.