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Les Français n'en peuvent plus: une entreprise sur deux concernée par des arrêts de travail de burn-out

EXCLU RMC - En 2020, 51% des entreprises françaises ont été concernées par des arrêts de travail pour stress, dépression et burnout.

Les arrêts maladie pour burn-out explosent depuis le début de la crise sanitaire. C'est une exclusivité que vous révèle RMC ce jeudi matin: 1 entreprise sur 2 a été concernée l'année dernière par des arrêts de travail pour stress, dépression et burnout, contre 1 sur 3 en 2019. (51% en 2020 vs 36% en 2019). C'est ce que nous révèle le baromètre de la gestion des accidents du travail/maladies professionnelles du cabinet d'audit BDO.

L'étude nous apprend également que toutes les entreprises sont désormais concernées, les grandes comme les PME et TPE. Le télétravail associé au contexte de crise sanitaire aurait favorisé l'émergence de situation de stress au travail.

"La nuit je ne dormais pas, je pensais aux chiffres"

L'exemple de Mathilde est édifiant. Du jour au lendemain, au début confinement, elle se retrouve en télétravail à 100%. Employée d'une grande compagnie d'assurance, elle a très mal vécu la pression exercée à distance par son manager.

"La nuit je ne dormais pas, je pensais aux chiffres. Le matin, j'avais peur de recevoir un mail me demandant ce que j'ai fait de ma journée. J'avais le sentiment que ce n'était jamais bien, que je ne faisais jamais assez, qu'il fallait toujours que je fasse plus, plus, plus... "

Ceci a engendré du stress et un sentiment d'isolement.

"Ce n'était plus du tout humain, tout se faisait par mail. Donc quelque chose qui peut être dit d'une façon agréable à l'oral, envoyé par mail, tout de suite on peut mal l'interpréter"

"Pas de réelle politique de prévention"

Pourtant, face à la détresse de Mathilde, ses supérieurs ne réagissent pas. C'est ce que déplore Xavier Bontoux, avocat en droit du travail.

"Autant, un employeur sait qu'il existe un risque de chute, de coupure par exemple ; autant les risques induits par le télétravail comme les phénomènes d'isolement ou d'absence de déconnexion ne sont pas encore maîtrisés. Ou alors lorsqu'ils sont connus il n'y a pas de réelle politique de prévention."

Après un an d'arrêt de travail, Mathilde a repris en juin un mi-temps thérapeutique. Mais dans ce contexte sanitaire incertain, elle ne peut s'empêcher de redouter un retour au télétravail. 

Marie Régnier (édité par J.A.)