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"Les gens se disent, j’ai mal à la tête, je vais prendre de l’aspirine": le docteur Christian Recchia dénonce la surconsommation de médicaments

Pour l'expert santé de RMC, cette surconsommation de médicaments est principalement due à une automédication importante de certains patients.

Les médicaments sont de plus en plus faciles d’accès. En effet, de nombreux médicaments ne sont pas donnés sur ordonnance. La consommation de médicaments est ainsi de plus en plus importante, dans un monde où l’automédication est devenue une pratique habituelle. 

"En France, nous consommons des médicaments sans forcément avoir une ordonnance du médecin. Il faut considérer que si un médicament rentre chez soi, il faut qu’un médecin généraliste, clef de voûte du système de santé, vous l’ai prescrit. Il faut que ce soit pensé par un professionnel », explique de docteur Christian Recchia. 

Selon lui, chacun fait son automédication, en prenant par exemple, un petit peu d’ibuprofène, de paracétamol, d’aspirine et des crèmes... Or ces pratiques peuvent même s’avérer dangereuses si certains médicaments sont consommés sur de trop longues périodes. 

"Des médicaments à base de corticothérapie, que l’on est susceptible de prendre en trop grande quantité, peuvent provoquer des glaucomes", prévient l’expert santé de RMC. 

Trois médicaments par jour maximum

Il explique également qu’il y a une méconnaissance des symptômes et qu’un patient. Il cite notamment l’exemple des maux de tête qui sont l’une des principales consultations en médecine.

"Ça peut être lié à des problèmes de cervicalgie, de contractures musculaires au niveau du cou et si ces maux de tête durent, il faut consulter. Souvent, les gens se disent j’ai mal à la tête, je vais prendre du paracétamol ou de l’aspirine. Il faut responsabiliser les gens pour qu’ils aillent faire une première consultation pour comprendre pourquoi il y a un problème", analyse Christina Recchia. 

Preuve de cette augmentation de la consommation de médicaments, le nombre de prescriptions fait aux personnes de plus 60 ans entre 1990 et aujourd’hui a été multiplié par deux. Il y a ainsi des personnes qui prennent cinq, six médicaments par jour. 

"Déjà en 1990, on disait, il faut réduire le nombre de médicaments par patient, car au-delà de trois médicaments, que vous ayez 20 ans ou 80 ans, ils ne sont quasiment plus efficaces", explique-t-il. 

Christian Recchia avec Guillaume Descours