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"Les gestes barrières ont pratiquement disparu": pourquoi la bronchiolite frappe si fort cette année

L'épidémie de bronchiolite est particulièrement forte cette année. S'il n'y a pas plus de cas, ils sont plus graves et nécessitent parfois des hospitalisations. La fin de l'application des gestes barrières n'y est pas pour rien. Problème: à l'épidémie, s'ajoutent la crise de l'hôpital et le manque de personnel. Le plan blanc a donc été déclenché dans plusieurs hôpitaux français.

C'est une maladie courante, très contagieuse et souvent bénigne. La bronchiolite touche majoritairement les plus jeunes enfants et provoque une toux et une respiration difficile, sans gravité. Mais cette année, c'est un peu différent.

Il n'y a actuellement pas plus de cas que les années précédentes. En revanche, les infections sont plus sévères. Au total, près de 6.900 enfants de moins de 2 ans sont passés aux urgences la semaine dernière: c'est 7% de plus en une semaine. 2.337 d'entre eux ont été ensuite été hospitalisés, la moitié pour la bronchiolite.

L'explication est simple: "Toutes les infections ont disparu pendant un an à peu près, les enfants n'ont pas été malades du tout. L'an dernier, ils ont recommencé à être un peu malades et cette année, les gestes barrières ont pratiquement disparu, donc ils sont à nouveau au contact des virus. Ils ont plus de mal à se défendre parce que leur corps a été moins habitué à cela", explique Dr Brigitte Virey, présidente du Syndicat national des pédiatres.

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Le plan Orsan déclenché par le ministre

À cela, s'ajoute la crise de l'hôpital. Le manque de personnel médical et soignant se fait largement ressentir. Il manque aussi des lits pour prendre en charge les enfants. Pour faire face à cette situation, des mesures ont été prises par le ministre de la Santé, François Braun.

"J'ai décidé de déclencher le plan Orsan (organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles) spécifique à cette épidémie", a-t-il annoncé mercredi.

38 enfants transférés vers d'autres régions

Il s'agit, concrètement de réorganiser l'offre de soins à l'hôpital et en ville. Les agences régionales de santé peuvent rappeler du personnel hospitalier, renforcer les gardes des médecins libéraux le soir et le week-end, voire même mobiliser la réserve sanitaire.

Le plan blanc a aussi été déclenché dans plusieurs hôpitaux. 38 enfants en réanimation pédiatrique ont également été transférés d'Île-de-France vers d'autres régions depuis mi-septembre.

Les pédiatres craignent que la situation se dégrade encore plus dans les prochains jours avec le retour des enfants à la crèche et à l'école.

Caroline Philippe (édité par AB)