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Les premiers effets positifs du confinement se font ressentir, assure le chef du service des urgences de Mulhouse

TEMOIGNAGE RMC - Le docteur Marc Noizet, chef du service des urgences de Mulhouse particulièrement touché par le coronavirus, explique que le confinement a permis de réduire l'activité des urgences autres que celles liées au Covid 19.

Il y a urgence à Mulhouse. Il faut désengorger les hôpitaux alsaciens, et particulièrement celui de Mulhouse, proche de la rupture en raison de l'afflux de malades: avec 1.820 cas et 61 décès, selon les derniers bilans officiels, la région Grand Est est l'un des principaux foyers de contamination en France.

Le département du Haut-Rhin, au sud, est en première ligne. Fin février, quelque 2.000 fidèles avaient participé à Mulhouse, sa métropole, à un rassemblement religieux. Nombre d'entre eux, contaminés par le coronavirus, avaient ensuite essaimé la maladie partout en France et jusqu'en Guyane.

Pour lutter contre cela des moyens militaires sans précédent ont été mis en place: afin de soulager des hôpitaux alsaciens saturés, six patients de Mulhouse ont été évacués mercredi par l'armée de l'air vers Marseille et Toulon, au moyen d'un dispositif réservé jusque-là aux zones de conflits.

Diminution d'un tiers du nombre d'appels au 15 depuis 48 heures

Invité de RMC ce jeudi matin, le chef du service des urgences du CHU de Mulhouse a salué le bon déroulé de cette opération. Mais pour lui, la principale bonne nouvelle viens des premiers effets du confinement des Français malgré la propagation du virus.

"Il y a toujours une progression du nombre de patients qui arrivent, avec une proportion de plus en plus importante sur les patients critiques, en réanimation. Mais avec les premiers effets du confinement on observe une diminution globale de l'activité des services d'urgence dans la région Grand-Est, et une diminution d'un tiers du nombre d'appels au 15 depuis 48 heures."

Face à cette crise, Emmanuel Macron avait annoncé lundi soir le déploiement prochain d'un hôpital de campagne en Alsace, d'une capacité de 30 lits de réanimation. Cet "élément militaire de réanimation" (EMR) sera installé prochainement à Mulhouse, a indiqué mardi soir Edouard Philippe.

J.A. avec AFP