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Magnétiseurs, naturopathes... Près de 5.700 "praticiens du bien-être" bannis de Doctolib

L'entreprise de prise de rendez-vous médicaux, Doctolib, a annoncé que les profils de 5.700 professionnels du bien-être vont être bannis d'ici six mois. Une réponse à la polémique apparue cet été avec certains médecins qui dénonçait les "médecines alternatives".

Magnétiseurs, sophrologues, énergéticiens ou encore naturopathes... Près de 5.700 professionnels du bien-être vont bientôt être bannis de la plateforme Doctolib. Désormais, seuls les professionnels inscrits au répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) ou disposant d’un numéro ADELI seront acceptés, deux références reconnues par l’Assurance maladie.

L’entreprise annonce cette évolution de son règlement, suite à la polémique de cet été sur sa proposition de médecines alternatives. Tout remonte au mois d'août quand les pratiques de certains spécialistes sont pointées du doigt par un collectif. Des méthodes bien éloignées de toute pratique médicale, parfois dangereuses, mais surtout accessibles à tous, directement sur Doctolib.

"Certaines pratiques sont utilisées dans des parcours de soin, mais ne sont pas encadrées", assure le PDG de Doctolib sur RMC

La plateforme lance alors une grande consultation fin août. Six semaines d'échanges avec une quarantaine d'acteurs, associations de patients, autorités sanitaires, ordres des médecins, et une conclusion: ces activités de bien-être ne sont pas assez encadrées.

"C'est une décision importante pour nous. On a organisé cette consultation avec une quarantaine d'acteurs de la santé. On s'est accordé à dire que certaines pratiques sont utilisées dans des parcours de soins, mais ne sont pas encadrées par les autorités sanitaires, et il n'existe pas de moyens d'objectifs de vérifier les qualifications", précise Stanislas Niox-Chateau, PDG de Doctolib invité de RMC ce jeudi matin.

Doctolib n'a ainsi pas les moyens de contrôler le niveau de formation de ces professionnels et a donc choisi de les bannir.

Un choix salué par le ministre de la Santé, François Braun, qui a estimé sur Twitter que "la décision de Doctolib [allait] dans le sens d'une plus grande clarté et lisibilité de l'information en santé des Français".

"C'est une décision dure car on perd 5.700 clients mais..."

Le syndicat de médecins libéraux UFML s'est pour sa part félicité d'"une vraie réussite pour toutes celles et ceux qui ont oeuvré pour ce résultat", remerciant l'entreprise "d'avoir compris l'importance à agir".

Mais y'a-t'il un risque d'exclure des personnes tout à fait qualifiées?

"On a une règle claire: si vous êtes référencé auprès des autorités sanitaires, vous aurez le droit d'utiliser les services de Doctolib", précise Stanislas Niox-Chateau, PDG de Doctolib, sur RMC. "On n'émet pas d'avis sur les professions qui seraient bien ou pas bien (...) On doit lutter contre la désinformation en santé. C'est une décision dure car on perd 5.700 clients mais je pense que ça a une valeur sur la confiance que nos utilisateurs et patients nous apportent", conclue-t-il.

La mesure prendra effet dans six mois, pour leur laisser le temps de réorganiser tous leurs rendez-vous. Il reste encore 165 000 professionnels sur la plateforme.

Matthieu Limongi avec Guillaume Descours et J.A.