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Maladie de Lyme: 300 malades vont déposer plainte au pénal dès janvier

Une tique

Une tique - AFP

300 personnes atteintes de la maladie de Lyme - cette infection bactérienne causée principalement par une piqure de tique - vont porter plainte au pénal, début janvier, selon des informations de RMC. Des plaintes contre l'Etat, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et le Centre national de référence (CNR) de Strasbourg, notamment pour trafic d'influence, abus de biens sociaux, recel d'abus de bien sociaux et mise en danger de la vie d'autrui.

300 personnes atteintes de la maladie de Lyme vont porter plainte au pénal, début janvier. Des plaintes pour trafic d'influence, abus de biens sociaux et recel d'abus de bien sociaux, mise en danger de la vie d'autrui, violation du principe d'indépendance des experts et du principe d'absence de conflit d'intérêt. La maladie de Lyme c'est cette infection bactérienne causée principalement par une piqure de tique. Fait inédit, cette plainte vise l'Etat, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et le Centre national de référence (CNR) de Strasbourg. Cette plainte vise notamment "à mettre au jour les liens d'intérêts entretenus entre le Centre national de référence de Strasbourg et les laboratoires". Les plaignants estiment que les tests de dépistages ne sont pas fiables.

Le directeur du Centre national de référence dans le viseur

Un homme cristallise toutes les tensions: le directeur du CNR, expert mandaté par l'Etat et l'ANSM, qui collabore aussi avec les laboratoires qui fabriquent ces tests et participe aux comités de validation des tests. Il pourrait être chargé d'infraction pénale, de trafic d'influence, de corruption et d'abus de biens sociaux. Les plaignants visent donc aussi l'Etat et l'ANSM, pour mise en danger de la vie d'autrui et homicide involontaire (suicides de patients), mais aussi défaut de vigilance dans le choix des experts et quant à la qualité des tests.

Selon Maître Julien Fouray, l’un des avocats des plaignants avec Me Catherine Faivre, les autorités sanitaires "n'ont pas jouer leur rôle d'autorité de contrôle ou de régulation, mais sont devenus en réalité les collaborateurs de l'industrie pharmaceutique. On ne peut pas l'admettre parce qu'aujourd'hui ce sont des dizaines de milliers de malades qui n'ont pas été diagnostiqués et qui sont pour beaucoup d'entre eux dans des situations médicales, matérielles et morales absolument catastrophiques. En validant et en imposant une seule technique de tests, un seul protocole de dépistage et en favorisant un certain nombre de laboratoires, on interdit d'une part qu'il puisse y avoir un doute ou une discussion sur la fiabilité de ces tests, mais d'autre part d'autres dépistages de la maladie de Lyme."

Les avocats réclament la responsabilité des acteurs de santé publique, mais aussi 500.000€ de dommages et intérêts par patient en errance thérapeutique.

Des tests "absurdes"

Aujourd'hui, on utilise le test Elisa pour savoir si un patient est atteint de la maladie de Lyme. Elisa est le seul test qui existe en France pour dépister la maladie. S'il est négatif, les examens s'arrêtent là pour le patient. Si au contraire il est positif, les médecins font passer un second test au patient, bien plus précis, le Western Blot. Sauf que le premier test ne détecte que 3 à 5 bactéries différentes qui peuvent causer Lyme alors qu'il en existe plus d'une dizaine en réalité. Pour savoir s'ils sont bien atteints de Lyme ou non, certains patients doivent donc aller jusqu'à faire des tests vétérinaires, bien plus précis, ou se rendre dans d'autres pays comme l'Allemagne, où les tests sont plus poussés.

Certains médecins ne s'arrêtent pas au test négatif et continuent de voir les patients pour déterminer s'ils ont Lyme ou non, mais ils sont alors poursuivis par l'ordre des médecins et l'Assurance maladie pour non-respect du protocole. Les avocats demandent donc le retrait de ces tests qu'ils jugent "absurdes".

P. G. avec Anaïs Bouitcha