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Marche, sport... Les Françaises ne bougeraient pas assez

Près de 8 Françaises sur 10 font moins de 10.000 pas pas jour et 1 sur 3 en fait moins de 5.000 ce qui est pourtant le minimum pour se maintenir en bonne santé.

Les femmes françaises ne font pas assez d'exercice. Les Françaises font en moyenne 7.578 pas par jour, moins que les 10.000 pas recommandés. Et moins que les hommes, qui marchent en moyenne 8.500 pas/jour.

Voilà ce qui ressort d'une étude de l'association Attitude Prévention menée avec l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (IRMES). Plus inquiétant encore, un tiers des femmes (32%) sont quasiment sédentaires, c'est-à-dire qu'elle marchent moins de 5.000 pas jour, soit moins de 30 minutes. Entre 5.000 et 6.000 pas on commence à se maintenir en forme et préserver sa santé.

Cette sédentarité plus forte des femmes se manifeste dès l'adolescence. Entre 12 et 17 ans, alors que 70% des garçons pratiquent une activité sportive, c'est le cas pour seulement 53% pour les jeunes filles. Une fois ce décrochage intervenu à l'adolescence, l'écart ne se résorbe plus qu'à 35 ou 40 ans.

Un manque de motivation pour certaines?

A Paris, nous avons rencontré Zohra, auxiliaire de vie âgée de 50 ans qui est dans cette situation. Lorsqu'elle sort de chez elle pour aller travailler, elle n'a que quelques pas à faire pour aller prendre le métro. 35 minutes de trajet, immobile dans la rame. Puis elle sort du métro, pour se rendre à pied, sur son lieu de travail avec deux trois minutes de marche. Une activité physique quotidienne très insuffisante. Surtout que le week-end, elle fait tout en voiture.

Mais Zohra ne s'abrite pas derrière le manque de temps, ou le coût des activités.

"C'est plus manque de motivation mais j'aimerais bien en faire en plus. je n'ai pas été élevée dans une famille de sportif, c'était juste à l'école."

Trop de sport en compétition ? Pas assez de sport-santé ?

Et c'est d'ailleurs précisément au moment de l'adolescence que niveau d'activité des filles décroche comme l'explique Jean-François Toussaint, professeur de physiologie à Paris.

"On voit cette différence apparaître à 11 ans au collège, c'est lié aux questions de puberté, d'identité masculine, et les jeunes filles vont se détacher progressivement de cette pratique quotidienne."

Autre raison qui explique ce décrochage: ce serait surtout l'aspect compétitif du sport qui est mis en avant à cet age là. Un aspect qui ne constitue pas une motivation suffisante pour les adolescentes.

Marie Régnier (avec James Abbott)