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Médicaments: sur RMC, un médecin dénonce des "pénuries organisées par les laboratoires pharmaceutiques"

Le gouvernement a dévoilé lundi ses pistes pour lutter contre la pénurie de médicaments, mais les associations y voient "très peu de mesures concrètes et dissuasives". Sur RMC, Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, évoque des pénuries provoquées par les labos pharmaceutiques.

La France fait de nouveau face à une pénurie de médicament. Pour lutter contre le phénomène le gouvernement a dévoilé plusieurs pistes ce lundi, notamment concernant le partage de l'information et la gestion du circuit du médicament.

En attendant la mise en application de ces directives, la cortisone utilisée notamment lors des greffes mais également contre l'asthme et les cancers est de plus en plus difficile à trouver en pharmacie.

"Les labos pharmaceutiques n’y voient pas l’intérêt économique"

Pour le professeur Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, ces pénuries peuvent parfois être organisées par les laboratoires pharmaceutiques eux-mêmes: "Il y a des pénuries organisées par les laboratoires pharmaceutiques qui sont des multinationales pour lesquels il n’y a pas de médicaments génériques et pour des raisons économiques retirent des produits s’ils ne sont pas suffisamment chers", explique-t-il sur RMC.

"C’est le cas de la cortisone par injection, dont la boîte coûte 3 euros et dont les labos pharmaceutiques n’y voient pas l’intérêt économique", ajoute-t-il.

Hausse des médicaments déclarés en rupture de stock

"Pour la cortisone, on fonctionne en flux tendu alors qu'elle est essentielle", explique le professeur Berenbaum rappelant son utilité dans le traitement des cancers et de l'asthme, avant d'appeler à favoriser l'entrée des génériques pour les médicaments d'intérêt majeur.

Plus de 600 médicaments "essentiels", dits d'intérêt thérapeutique majeur, ont été en rupture de stock ou en tension d'approvisionnement en 2018. Contre 538 en 2017, et 405 en 2016. Un quart des Français aurait déjà été confronté à un refus de délivrance de leur traitement pour une cause de pénurie selon une enquête réalisée par BVA France pour France Assos Santé en janvier dernier.

Guillaume Dussourt