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Mode de transmission, symptômes, traitement, inquiétudes… Sur RMC, un professeur, expert auprès de l'OMS, fait le point sur l'épidémie de coronavirus

Multiplication de nouveaux cas hors de Chine notamment en Italie, inquiétude de l’OMS: la propagation de l’épidémie de Coronavirus semble s’accélérer. Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Bichat de Paris fait le point dans la matinale de RMC.

Plus de 150 cas dont quatre décès. L’Italie est désormais le pays le plus touché en Europe, depuis qu'a démarré l'épidémie de pneumonie virale en décembre en Chine. Les cas les plus nombreux ont été recensés en Lombardie dans la région de Milan et en Vénétie dans la région de Venise.

"Le virus ne s’attrape pas comme ça"

Malgré cette spectaculaire flambée des cas du nouveau coronavirus en Italie, l’origine de cette contamination massive reste pour l’heure indéterminée: "Il y a eu un cas mais on n’arrive toujours pas à savoir qui était ce cas là. On appelle ça le cas zéro. On n’arrive pas à le déterminer", explique le professeur Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Bichat de Paris et invité de la matinale de RMC.

"Dans 85% des cas, ce virus prend des formes légères avec peu de symptômes. C’est peut-être ceux là, les cas zéro. 15% sont des formes sévères, ce qui reste important. Les décès interviennent surtout chez des personnes âgées de plus de 70 ans qui ont déjà des maladies sévères (…) Le virus ne s’attrape pas comme ça. Il faut avoir des contacts rapprochés à moins d’un mètre avec un malade. Donc la probabilité est extrêmement faible", précise le médecin.

"La vitesse de transmission est assez rapide"

Alors si la probabilité d'être contaminé est "extrêmement faible", comment expliquer cette transmission rapide? C’est la "nouveauté" de ce virus qui fait que le corps est plus vulnérable, pour le professeur Yazdan Yazdanpanah.

"La vitesse de transmission est assez rapide. Chaque personne peut le transmettre à 2 ou 3 personnes alors que la grippe c’est moins de 2 personnes. Donc la vitesse de propagation est plus importante. La raison: le corps des hommes ne connait pas ce virus. On est donc plus sensibles et plus susceptibles de l’attraper facilement".

Un virus nouveau qui n’a pour l’heure, toujours pas de traitement: "Il n’y a pas de traitement spécifique donc le traitement est symptomatique: quand quelqu’un est essoufflé on donne de l’oxygène, quand quelqu’un a de la fièvre, on regarde s’il n’y a pas de surinfection et on traite avec des antibiotiques. On peut faire baisser sa fièvre mais on ne peut pas traiter la raison pour laquelle la personne a de la fièvre, qui est le virus".

"On peut toujours arrêter" l'épidémie

L'Organisation mondiale de la santé s'est inquiétée ce week-end du nombre de cas apparus en dehors de la Chine: "Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l'épidémie". Mais la "fenêtre de tir se rétrécit", a averti le patron de l’organisation.

Professeur mais aussi expert auprès de l’OMS, Yazdan Yazdanpanah a précisé l’inquiétude émise par l’organisation: "Arrêter une épidémie quand elle commence à se propager un peu partout, c’est plus compliqué. C’est ça l’inquiétude de l’OMS. C’est pour ça qu’ils ont dit que la fenêtre de tir pour prévenir et arrêter la maladie est en train de se rétrécir, mais on peut toujours l’arrêter".

"L’Egypte, l’Algérie et l’Afrique du sud sont les pays les plus à risque"

L’Afrique semble pour l’instant, plutôt épargnée par le virus. Seule l’Egypte est touchée. Vittoria Colizza, directrice de recherche à l’Inserm et également invitée de la matinale, a donné des précisions concernant la cartographie des pays d’Afrique à risque face à cette épidémie: "Dans une étude récente, on a estimé le risque d’importation du Coronavirus dans chaque pays d’Afrique. On a trouvé que l’Egypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud étaient à plus hauts risques. Après, on a mis en relation le risque d’importation avec leur préparation. Ces trois pays sont les mieux préparés du continent. Mais d’autres pays ont des capacités modérées d’importation mais avec un niveau de préparation plutôt faible, donc attention".

Bourdin Direct (avec C.P.)