RMC

"Mon gynécologue a refusé de m'aider": sur RMC, Céline témoigne des difficultés qu'elle a rencontré pour avorter

Le gouvernement veut allonger le délais légal de l'IVG. Mais pratiquer un avortement n'est pas aussi simple en France en 2020.

L'Assemblée nationale étudie un éventuel allongement de 12 à 14 semaines de l'interruption volontaire de grossesse, alors que le taux de recours à l'avortement a légèrement augmenté en France en 2019. Mardi, Olivier Véran a évoqué un "thème sensible", soutenu par la majorité mais qui fait grincer quelques dents à droite.

La proposition de loi veut également faciliter l'accès à l'IVG, pas toujours évident en France comme l'explique Céline, une auditrice de RMC: "J'ai un problème qui m'empêche d'utiliser un moyen de contraception. L'année dernière je suis tombée enceinte deux fois malgré l'utilisation de préservatifs. Ça a été la croix et la bannière pour me faire avorter. Mon gynécologue n'a pas voulu faire d'IVG. Il a fallu que j'appelle à droite et à gauche pour trouver un créneau. Heureusement que le planning familial existe. Il y avait un délai monstrueux, j'étais juste à la limite", témoigne-t-elle.

"Psychologiquement quand vous avez déjà deux enfants, c'est très dur de vivre avec ça tous les jours. Ce n'est pas un choix personnel de le faire, c'est parce qu'on craint pour l'avenir. Le délai est tellement court. Quand votre propre gynécologue vous dit non, derrière vous n'êtes pas bien. Et j'ai récidivé", raconte Céline.

"Un avortement c'est violent"

"La première fois, mon gynécologue m'a dit que ce n'était pas son devoir, qu'il était là pour donner la vie et non pour l'enlever. Quand j'ai rappelé une seconde fois il a été cynique et m'a dit: 'Vous avez recommencé félicitation'". Finalement Céline a trouvé la solution du côté de l'hôpital public où elle assure avoir bénéficié de sages-femmes à l'écoute qui assure-t-elle, ont compris la situation et ne l'ont jamais jugé.

De l'autre côté, Martha, aide médico-psychologique dans le Puy-de-Dôme juge choquant cet allongement: "À 12 semaines ont voit le développement de l'enfant, il est déjà visible. Un avortement c'est violent, on coupe la tête et les membres du nourrisson. Plus l'on allonge le délais, plus on continue. Aujourd'hui c'est 14 semaines, dans 5 ans ce sera 16 semaines et au final 8 ou 9 mois ?", s'inquiète-t-elle.

Outre l'allongement du délai légal d'accès à l'IVG à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée), la proposition de loi autorise les sages-femmes à réaliser des IVG chirurgicales jusqu'à la 10e semaine de grossesse. On recensait en 2019 plus de 232.000 IVG pratiquées en France, le plus haut niveau constaté depuis trente ans, selon une étude officielle.

Guillaume Dussourt