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"Nous allons manifester ce mercredi devant les sièges de Pfizer à Paris et à Lyon pour leur demander de libérer le vaccin", annonce Fabien Roussel

Pour le secrétaire national du PCF la situation dans le monde face au Covid-19 doit inciter les laboratoires privés détenteurs d'un vaccin à permettre une production plus grande, sur d'autres chaînes de production.

On attendait un reconfinement, il n’a finalement pas eu lieu. Du moins pas encore. Le gouvernement a renforcé ce week-end les mesures du couvre-feu pour s’accorder une chance de ne pas reconfiner les Français alors que l’épidémie de Covid-19 repart à la hausse.

Une décision qui a pu étonner, notamment des politiques comme Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. 

“Je vois cette décision comme un pari. Mais c’est un drôle de pari que fait le président de la République puisqu’il n’est pas passé par le Parlement et qu’il n’en a pas discuté avec l’ensemble des représentants de la nation. Il fait reposer ce pari sur les Français et donc si l’épidémie n’était pas ralentie, ce serait de notre faute, parce que nous n’aurions pas respecté des règles fixes qu’ils ont dictées. Je trouve ça un peu injuste et limite”, estime-t-il.

Surtout, il estime que la solution contre cette épidémie existe. Ce sont les vaccins. Si plusieurs vaccins efficaces ont été trouvés, la lenteur pour vacciner la population est saisissante. Dans certaines régions, face au manque de stock, il a fallu annuler des rendez-vous. Une situation que ne comprend pas le député du Nord.

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“Aujourd’hui il y a une chose incroyable. D’un côté, on a des scientifiques qui ont réussi à trouver en quelques mois des vaccins, plusieurs types de vaccins. Donc ils existent, mais on ne peut pas les produire. On ne peut pas les mettre sur les chaînes de production des produits pharmaceutiques du pays. Alors que c’est possible et qu’il faudrait le faire dans l’urgence parce que c’est une course contre la mort que nous menons aujourd’hui dans le pays”, explique-t-il.

Une manifestation à Paris et Lyon mercredi

Face à cette situation, il lance un appel à la manifestation.

“Nous allons manifester ce mercredi devant les sièges de Pfizer à Paris et à Lyon pour leur demander de libérer le vaccin et le mettre en ligne, en production sur toutes les chaînes, par exemple de Sanofi. Quand la recherche privée trouve un vaccin et que l’humanité entière fait face à un défi, la moindre des choses, c’est que ce vaccin tout le monde puisse y avoir accès”, assure-t-il.

Selon lui, cette situation est en quelque sorte le miroir de la situation de la recherche publique en France.

“La recherche publique, c’est le parent pauvre de la recherche en France. Un chercheur qui finit ses études et qui rentre à l’université pour faire de la recherche publique, il va toucher 550 euros net. C’est trois fois plus en Allemagne donc on peut comprendre qu’il va plutôt chercher à s’expatrier. Et une fois qu’il est chercheur, il va passer la moitié de son temps à monter des dossiers pour trouver des subventions alors qu’ailleurs, c’est subventionné”, précise-t-il. 

Guillaume Descours