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"On a l'impression que la 4e vague est là": qu'attendre des prochaines semaines?

Jean-Daniel Lelièvre, chef de service des maladies infectieuses de l'Hôpital Henri-Mondor à Créteil, estime que la 4e vague est déjà là et qu'on n'a toujours pas d'autres moyens que la vaccination et les gestes barrière pour en venir à bout.

Les contaminations au Covid-19 repartent à la hausse, tout comme l'inquiétude. Un tour de vis a été acté la semaine dernière par le président de la République avec l'extension du pass sanitaire. Il sera nécessaire à partir de ce mercredi dans les lieux culturels et les salles de spectacles et de cinéma. Et à partir de début août pour les cafés, les restos, les grands centres commerciaux, les trains, les avions. Les ados et les salariés eux vont bénéficier d’un sursis jusqu’au 30 août.

Que faut-il attendre des prochaines semaines? Jean-Daniel Lelièvre, chef de service des maladies infectieuses de l'Hôpital Henri-Mondor à Créteil et expert vaccins à la Haute autorité de santé (HAS), était l'invité de RMC ce lundi matin pour évoquer le sujet. Une "4e vague" semble pointer le bout de son nez, ce que confirme le professeur.

"On a l'impression malheureusement qu'elle est là, est plus présente dans certaines régions et départements avec la crainte qu'elle se diffuse sur tout le territoire. Si l'incidence augmente, il faut prendre des mesures. Personne ne le souhaite, mais on n'a pas d'autres moyens que la vaccination et, en attendant que la vaccination soit efficace, des mesures barrières. Jusqu'où faut-il les étendre ? Telle est la question. Mais on n'a pas d'autre choix malheureusement"

Vaccination: problème de communication?

Jean-Daniel Lelièvre estime que cette vague pourrait conduire à des nouvelles augmentations de prises en charge dans les centre hospitaliers, en espérant que la saturation ne sera pas atteinte.

Il trouve qu'il faut une vaccination beaucoup plus large qu'actuellement, "sûrement à hauteur de 80 %". Il estime en revanche qu'il n'y a plus besoin de rendre la vaccination obligatoire: "Elle est déjà là, de fait, avec le pass sanitaire. L'adhésion de la population (n'est pas forcément là), on voit la difficulté de faire passer les messages".

Si de nombreuses personnes qui ont défilé dans les rues samedi ne l'acceptent pas, il trouve que c'est en raison d'une mauvaise communication. "Il reste encore des problèmes de communication dans notre pays, c'est une vraie problématique."

Pour la suite, les courbes observées en ce début de regain de cas positifs ne sont pas rassurants. "Il faut agir maintenant. Les mesures prises dans certains département seront peut-être généralisées dans le reste du pays ou dans d’autres régions spécifiques dans les prochains jours ou prochaines semaines."

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J.A.