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"On avait un mode d’emploi": Philippe Douste-Blazy affirme que la France était préparée à faire face à un virus

Un plan avait été établi en 2004 sous Jacques Chirac. Il dénonce l'administration française ainsi que l'hyper-centralisation.

Le coronavirus a touché le monde entier, et la France n’a pas été épargnée. Depuis de l’épidémie, 33.885 personnes sont mortes du virus selon des chiffres donnés par Santé publique France mardi.

Si le gouvernement a reconnu, notamment par la voix du président de la République Emmanuel Macron, des ratés dans la gestion de la crise, pour l’ancien ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy c’est bien plus grave que ça. Celui qui publie un livre, appelé “Maladie Française”, explique que la France avait un plan, depuis des années, pour mener une lutte efficace contre un virus de ce type. 

“La France a été le premier pays au monde à établir un plan pour contrer une éventuelle pandémie virale. C’était en 2004 sous l’autorité du président Chirac. Tout était prêt, tout était concret. Si le virus arrivait par tel endroit, on supprimait les vols qui venaient des zones touchées, on réquisitionnait des usines textiles pour faire des masques… On avait un mode d’emploi. Mais cette administration française, qui a été la première à savoir le faire, a aussi été la première à l’ignorer”, a-t-il indiqué sur RMC. 

Juillet et août, une parenthèse

Selon lui, cette négligence peut s’expliquer par le manque d’humilité des grandes puissances occidentales. 

“Je crois que les pays occidentaux se croient trop forts, mais en réalité un tout petit virus de quelques microns, peut mettre 4 milliards de salariés en confinement. La médecine, elle est curative, je vais chez mon médecin, je me soigne… Mais, à côté, il y a aussi la médecine préventive et collective et celle-là, on n'en a pas la culture”, estime-t-il. 

Au pic de l'épidémie, en avril, plus de 7.000 malades étaient hospitalisés en réanimation, un nombre qui a fortement chuté jusqu'à fin juillet, avant de remonter progressivement. Le taux de positivité continue aussi sa progression, à 13,6%, contre seulement 4,5% début septembre.

Mais cette situation pose question. “Pourquoi aujourd’hui il y a autant de cas? Pourquoi l’incidence est élevée? Pourquoi les hôpitaux recommencent à être encombrés? Parce qu’aux mois de juillet et août, vous ne pouviez pas sur votre lieu de vacances faire un test. Ca a été une parenthèse et on ne s’est pas préparé pendant cette période et c’est pour ça qu’on est pris au dépourvu maintenant”, affirme Philippe Douste-Blazy.

Guillaume Descours