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"On est désespérés, on ne croit plus en vous": Emmanuel Macron interpellé lors d'une visite d'hôpital

Le président de la République a effectué une visite surprise à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière vendredi et a fait face aux inquiétudes de certains soignants.

Interpellé vendredi par des personnels des urgences lors d'une visite surprise à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, Emmanuel Macron a dit vouloir "mettre fin" à la "paupérisation" des personnels soignants et promis que l'Etat "sera au rendez-vous". (voir vidéo ci-dessous)

Accompagné de son ministre de la Santé, Olivier Véran, il a participé à une table ronde avec des médecins, une autre avec des syndicats avant de visiter une unité de dépistage Covid-19.

Emmanuel Macron est revenu sur la réforme du système de santé engagée il y a deux ans. "Je n'ai pas envie (...) qu'on revienne à l'étape d'avant", a souligné le Président, insistant sur l'importance de réorganiser l'hôpital public.

C'est pourquoi "oui, on va investir", a promis le chef de l'Etat qui a affirmé avoir "demandé au ministre un travail express" de concertation, qui commencera la semaine prochaine avec les organisations syndicales.

Des soignants manifestent à St-Etienne

Des promesses du président de la République qui ne rassurent pas les personnels soignants du CHU de St-Etienne. Ils redoutent une restructuration des services décidée par la direction en pleine période d'épidémie. Une partie du personnel à manifesté vendredi pour faire part de son inquiétude.

Dans le hall de l’hôpital, ils ont accroché une banderole sur laquelle on peut lire "applaudis un jour, bafoués pour toujours". Pour la deuxième journée consécutive, près de 300 soignants sont réunis pour faire entendre leur colère.

"Il nous paraît irresponsable et dangereux pour les patients de revenir au monde d’avant, avec ces suppressions de postes, pour exercer notre métier soigner"

"C’est le coup de grâce après cette pandémie"

En cause, une réorganisation de plusieurs services qui fait craindre au personnel des suppressions de lits et d'effectifs. Sandrine Chardon-Roy, médecin hospitalier a du mal à contenir sa colère.

"C’est le coup de grâce après cette pandémie où les soignants se mobilisés, se sont organisés pour accueillir les patients et la récompense c’est ça"

Tous reprochent à la direction de profiter de l’épidémie pour les mettre devant le fait accompli, comme l’explique Jeannette, infirmière en chirurgie thoracique.

"Nous on est arrivé dans notre service vendredi soir, il était fermé, on était pas au courant et personne ne nous a prévenu"

La direction tente de rassurer

Deux jours de grogne qui ont fait réagir Michael Galy, le directeur du CHU.

"Il n’y a pas de restructuration, il y a la mise en place de nouveaux circuits de prise en charge imposés par la présence du Covid-19 sur le territoire, pas de suppression de lit, pas de suppression de poste et nous recrutons"

Des annonces accueillies avec prudence par les professionnels de santé qui réclament des engagements écrits.

Florence Donjon (avec J.A.)