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"On ne peut pas leur dire qu'on se passe d'eux pour la démocratie": les propositions de Rachida Dati pour faire voter les personnes fragiles

Rachida Dati, candidate LR à la mairie de Paris, était l'invité de RMC: elle passait ce mercredi le "Grand Oral" des "Grandes Gueules".

Alors que le déconfinement a lieu partout en France depuis le 11 mai dernier, se pose désormais la question des élections municipales. Deux options existent aujourd’hui: soit le vote pour le second tour se déroule le 28 juin, soit on refait un premier tour fin septembre ou début octobre.

Invitée du "Grand Oral" des "Grandes Gueules", la candidate toujours en lice à la mairie de Paris rappelle, de toute façon: "Il faut voter" car "l’état de droit c’est important". Mais l’élue s’interroge. "Si on doit voter dans 15 jours, cela signifie qu’il n’y a pas de campagne. Pourtant, ce qu’il s’est passé n'a pas été une période anodine. Donc, naturellement, on a revu nos projets. Une élection ce n’est pas un aléa".

"On dit à ces gens-là: "On se passe de vous pour la démocratie""

Rachida Dati explique que voter si tôt serait une erreur car "nous ne sommes pas totalement déconfinés et certains ne peuvent pas encore sortir donc ne peuvent pas voter. On dit à ces gens-là: "On se passe de vous pour la démocratie"".

L’ancienne garde des Sceaux révèle avoir "échangé avec le Premier ministre pour faire des propositions sur les modalités de vote qui sont en cours d’examen. J’ai demandé à ce qu’on rétablisse le vote par correspondance qui est très utile quand on est confiné. J’ai demandé également à mettre des bureaux de vote dans les résidences pour les seniors qui ne sont pas que les Ehpad. Ces gens-là ont aussi le droit de voter".

Distribution de masques dans Paris: "un fiasco"

Rachida Dati a également fait un premier bilan de la période de confinement qui s’est déroulée ces dernières semaines à Paris. Elle n’a pas manqué de pointé du doigt les manques de la mairie de Paris et d’Anne Hidalgo qu’elle tient en partie pour responsable de la pénurie de masque dans la capitale. 

"Au niveau des masques, j’ai eu des dons d’entreprises de BTP très tôt, raconte-t-elle. Puis, j’ai ouvert un atelier de couture dans un lycée professionnel. Tout le monde s’est mis à la couture et on a pu fournir l’ensemble des habitants en commençant par les personnes fragiles. La Mairie de Paris s’est, elle, réveillée très tardivement avec le fiasco que l’on connait puisque les masques n’ont toujours pas été fournis malgré la promesse".

"Mme Hidalgo dit, début avril, que tous les Parisiens auront un masque réutilisable fin avril, au plus tard au moment du déconfinement pour le 11 mai. Nous sommes le 20 mai et ça n’est toujours pas le cas. Et, le 11 mai, nous avons reçu ce fameux rouleau qu’on a qualifié de Sopalin pour faire des masques. Mais ce n'était pas du tout adapté".

"Enfin, on nous a dit de ne pas nous en servir pour finalement recevoir des masques chirurgicaux à usage unique alors que nous en avions déjà fourni aux habitants", raconte la maire du 7e arrondissement de la capitale".

"L’école sur le volontariat? Ce n’est pas la République"

"Pour ce qui est de la réouverture de l’école à ceux qui le souhaitent, Rachida Dati n’a pas fait dans le détail pour critiquer cette mesure. "L’école sur le volontariat ? Ce n’est pas la République. J’aurais préféré que l’on dise: tous les enfants reviennent à l’école. Parce que, aujourd’hui, beaucoup de "décrocheurs" ne sont pas revenus à l’école y compris ceux victimes de violences. J’aurais aimé qu’à Paris, on ouvre toutes les écoles".

"Il n’y a jamais eu aussi peu de monde dans Paris alors que la ville n’a jamais été aussi sale"

Si la gestion des masques n'a pour elle pas été bonne, celle de la propreté de la ville n'a guère été mieux. "Je pense que la mairie de Paris a intérêt à ce que Paris soit confinée, ironise Rachida Dati. Comme ça, il n’y a pas de circulation, pas d’embouteillages, pas de tensions, pas de jungle sur l’espace publique".

"Attention, il ne faut pas que les Parisiens s’imaginent que Paris c’est ça. Parce qu’il n’y a jamais eu aussi peu de monde dans la capitale alors que la ville n’a jamais été aussi sale".

"Il faut arrêter de culpabiliser et d’engueuler les Français"

"Dès le premier jour du confinement j’avais demandé à Mme Hidalgo de nettoyer Paris - ce n’est pas une luxe - de dératiser - ce n’est pas un luxe - et de désinfecter le mobilier urbain dont tous les bancs publics et les couvercles de poubelles".

Même si dans de nombreux endroits de l'Hexagone, le confinement n'a pas toujours été bien respecté, Rachida Dati a tenu tout de même à féliciter les Parisiens mais surtout les Français.

"Il faut arrêter de culpabiliser et d’engueuler les Français. Ils ont fait le job. Parce que, si on a une décrue sur l’épidémie, on le doit au confinement et aussi à la responsabilité individuelle".
Les Grandes Gueules (avec Maxime Trouleau)