RMC

"On ne peut qu'être solidaires": les patients réagissent au mouvement de grève qui touche les urgences

Après trois mois de grève, les urgentistes sont appelés à se rassembler, ce jeudi après-midi, Paris. Le personnel ne s'estime pas entendu par le gouvernement, malgré leurs avertissements, répétés, sur le manque de moyens sur la mise en danger des patients. Mais qu'en pense-t-on du côté des patients?

La grève dure depuis déjà plusieurs mois dans certains services d’urgences des hôpitaux. Au total, 80 services sont touchés par des grèves selon les syndicats. Si la situation aux urgences touche directement le personnel soignant, elle n’est pas sans conséquence non-plus pour les patients. Des heures d'attente, et des équipes médicales en surchauffe. Samia est restée plus de cinq heures aux urgences, après de violents maux de tête. Et à la sortie, elle n’a même pas de diagnostic. 

"On m’a redemandé de faire une prise de sang dans laquelle ils avaient indiqué que c’était très urgent. Mais le souci, c’est que le médecin n’avait pas de retour et donc du coup, je suis obligé de revenir demain pour finir mes examens. Mais le souci, c’est que le médecin n’avait pas de retour et donc du coup, je suis obligé de revenir demain pour finir mes examens", confie-t-elle.

Pourtant, Samia n'en veut pas au personnel soignants. Elle comprend le mouvement de grève. "Ils sont en sous-effectif, on leur en demande toujours plus. Franchement, on peut être que solidaire. On comprend", affirme la patiente. 

Un danger pour la sécurité des patients?

Alain-Michel Ceretti comprend lui aussi le coup de gueule des soignants. Pour le président de France Assos Santé, qui regroupe 80 associations de malades, l'Etat doit mettre les moyens

"Soit on remet le paquet sur les urgences et on revient à un service de qualité avec des professionnels qui ont les moyens de travailler. Soit on met des médecins en amont, mais on ne peut pas les inventer. Donc c’est aux pouvoirs publics de mettre de l’argent sur nos hôpitaux, et aux urgences", détaille-t-il.

Et pour lui, des urgences en difficulté, ce sont aussi des menaces pour la sécurité des patients. Le diagnostic et l'état des malades pouvant évoluer après trop d'attente.

Rémi Ink avec Guillaume Descours