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"On se dit que d’un jour à l’autre, on pourra finir à la rue": avec la fin de l'état d'urgence sanitaire, les expulsions locatives reprennent

Habituellement la trêve hivernale va du 1er novembre au 31 mars. Le gouvernement a publié une circulaire invitant les préfets à ne pas ordonner d'expulsion s'il n'y a pas de solution de relogement.

Samedi, dès les premières lueurs du jour, les expulsions locatives pourront reprendre. Cette année, la trêve hivernale qui devait se terminer pendant le confinement a été exceptionnellement prolongée. Et avec la fin de cette trêve, c'est le retour des angoisses pour de nombreux locataires notamment avec l’ombre d’une seconde vague du covid-19.

Ca fait deux ans que Tamoura se bat pour rester chez elle. Après la mort de son mari, cette mère de famille reçoit un avis d’expulsion. Le bail est arrivé à sa fin et le propriétaire veut récupérer son logement. Aujourd’hui, elle est démunie. 

“C’est le stress permanent. Je n'ai pas eu le temps de réaliser que mon mari n’est plus là. Je n'ai pas le temps de pleurer maintenant, il faut y aller parce que sinon ça va être la rue”, indique-t-elle. 

Si elle ne craque pas devant ses enfants, son fils aîné, Seiji, 13 ans est bien conscient de la situation. “Quand on se dit que d’un jour à l’autre à partir de samedi on pourra finir à la rue, on veut juste que ça s’arrête, qu’on reprenne une vie normale comme avant. On ne sait même pas si on aura une autre maison après”, confie-t-il.

Une année blanche pour les expulsions ?

Jeudi, la ministre du Logement, Emmanuel Macron, a réaffirmé la volonté du gouvernement pour qu’il n’y ait aucune expulsion sans possibilité de relogement. Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association droit au logement, ne crie pas victoire pour autant. 

“On va voir dès samedi quelle est la réaction des préfets sur cette question-là. Il faut interdire les expulsions s’il n’y a pas une solution immédiate de relogement et pas dans un hôtel, parce que c’est inadmissible”, appuie-t-il. 

Dans le contexte de crise sanitaire, l’association réclame une année blanche pour les expulsions et les coupures d’énergie.

Margaux Bédé avec Guillaume Descours