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On travaille 10h par jour, on a besoin de se vider la tête: le couvre-feu fait craindre le métro-boulot-dodo

Nous avons suivi les annonces d'Emmanuel Macron dans un restaurant parisien mercredi soir. Les clients étaient inquiets d'une perspective peu réjouissante pour les semaines à venir.

Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir qu'un couvre-feu allait être effectif dans les grandes villes qui sont en alerte maximale. Des annonces suivies partout en France. Devant l'écran installé d'un restaurant du nord Parisien, il y avait un peu d'amertume pour Nolwen et Romane. Toutes les deux soignantes en cancérologie, elles auraient aimé que tout le monde soit plus vigilant.

"Au bout d'un moment, on ne va pas pouvoir vivre comme ça pendant longtemps", souffle l'une. "On travaille dix heures par jour en cancérologie donc on a besoin de se vider la tête. Il faut que tout le monde fasse un effort pour qu'on arrive à revivre correctement. Et qu'on arrive à passer Noël normalement, ce serait beau."

"Le triptyque métro-boulot-dodo, c'est quand même extrêmement inquiétant"

Gilles est un autre client. Il est inquiet, pour l'ambiance future de son quartier qui voit peu à peu des commerces mettre la clé sous la porte.

"Le triptyque métro-boulot-dodo, c'est quand même extrêmement inquiétant. Sur trois restaurants il y en déjà un qui a tout fermé, ici ils sont en extrême souffrance... Il va en rester un sur trois ?"

Et le patron ici c'est Raphaël qui n'a finalement qu'assez peu d'espoir de limiter les dégâts avec le déjeuner.

"Ca fait mal quoi. Fermer à 21 heures ça veut dire qu'à 20 heures on va devoir commencer à mettre tout le monde dehors."

"On se bat pour ne pas mettre la clé sous la porte"

Clairement son restaurant est menacé. Mais il tentera de faire face aux restrictions.

"On comprend les restrictions mais c'est dur à avaler. On essaye de s'adapter mais... On se bat pour ne pas mettre la clé sous la porte, mais un moment on ne va pas pouvoir tenir."

Il réclame juste un aide facile à obtenir. Pas des millions non, juste de quoi se verser un salaire, qu'il n'est ne perçoit plus aujourd'hui

Thomas Chupin (avec J.A.)