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"On trouve ça un peu dangereux": l'inquiétude des habitants d'Aix, face à l'arrivée des rapatriés de Chine

Le coronavirus continue de se répandre: 362 morts désormais, dont un décès hors de Chine. 16.480 cas sont recensés. Et les rapatriés de Wuhan continuent d’arriver sur le sol français. Dans les villes concernées par ces rapatriements, pas de panique, mais des doutes dans l’esprit de nombreux habitants.

Après un premier convoi de Français arrivés en provenance de Chine vendredi, et placés en quarantaine dans un centre de vacances de Carry-le-Rouet dans les Bouches-du-Rhône, un deuxième avion s’est posé ce dimanche à Istres.

254 personnes à bord dont 64 Français et des passagers d'une trentaine d'autres nationalités. La moitié des étrangers sont déjà retournés dans leur pays par avion. Mais une vingtaine de ressortissants français et non-européens sont restés sur le tarmac, dans l'attente d'un test.

Parmi les passagers en bonne santé, les personnes isolées et les couples ont rejoint une école d'officiers de sapeurs-pompiers à Aix-en-Provence, où ils passeront les 14 jours de confinement.

"Ils ont peut-être une maladie qui se propage assez rapidement et ils sont à côté dans notre village"

Les rapatriés sont arrivés ce dimanche après-midi, et logent à l'École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers, un bâtiment de formation et de logement. Dans cette partie de la ville d’Aix, les habitants sont partagés sur l’arrivée des rapatriés.

Au stade municipal, l’arrivée des rapatriés de Chine ne change pas les habitudes. Virginie vient assister au match. Malgré tout, cette mère de famille est un peu inquiète.

"On a juste des gens, qui ont peut-être une maladie qui se propage assez rapidement, ils sont à côté dans notre village et on n’a eu aucune info. Donc qu’est-ce qu’il va se passer? Comment ils ont été rapatriés? On trouve ça un peu dangereux quand même".

Quelques interrogations aussi pour Dominique, il habite ici depuis 60 ans. L’ancien gérant du café veut quand même faire confiance aux autorités sanitaires: "Je pense que le risque va être maîtrisé, parce qu’on les met à l’écart et qu’on les isole. On a l’impression que nous, dans le village, on a été les dernières roues de la charrette. Ils nous ont dit voilà, ils arrivent, et puis fin".

"On a pris un maximum de sécurité, en faisant en sorte que rien ne sorte des lieux"

Un manque de communication qui pèse pour beaucoup d’habitants. Une réunion d’informations doit avoir lieu demain. En attendant, la maire d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains, se veut rassurante: "L’école n’est accessible à personne. Elle est complètement fermée. C’est l’école qui va organiser les repas qui va tout faire. Tout se fait en interne. On a pris un maximum de sécurité, en faisant en sorte que rien ne sorte des lieux".

Elle n'a qu’une seule demande auprès du ministère de la Santé: s’assurer que la quarantaine de 14 jours est suffisante pour écarter tout risque.

Romain Cluzel (avec C.P.)