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"On va changer notre rythme": les habitants soumis au couvre-feu entre adaptation et résignation

REPORTAGE RMC - Les habitants des grandes villes concernées par le couvre feu à partir de minuit dans la nuit de vendredi à samedi profitaient jeudi soir d'une dernière soirée de liberté totale.

Avant la mise en place du couvre-feu et la fermeture des bars et restaurants à 21 heures, les Parisiens savouraient jeudi soir leur dernière soirée de liberté.

Attablé avec des amis, Dylan a l'air de prendre les choses avec légèreté de prime abord, mais le couvre-feu ne le fait pas rire du tout. Le jeune homme voit mal comment garder une vie sociale sans avoir le droit de sortir le soir.

"Ca me désole. Ca va être très compliqué pour les quatre prochaines semaines. le but du jeu ça va être d'essayer de respecter au maximum parce que s'il y a ça ce n'est pas non plus pour rien. Maintenant je ne sais pas comment je vais procéder."

"On va faire notre pendaison de crémaillère à 14 heures! On va fermer les volets comme dans La Boum!"

D'autres ont déjà tout organisé. Elisabeth avait prévu sa pendaison de crémaillère samedi soir mais finalement. Jeune active, elle envisage même de décaler sa journée de travail.

"On va faire notre pendaison de crémaillère à 14 heures ! On est six, on va fermer les volets comme dans La Boum ! On a l'habitude de faire plutôt des dîners entre amis mais on fera plutôt des gros déjeuners.
Pour le travail, je faisais 9-18h, je vais essayer de m'arranger pour faire 8h-17h. On va changer notre rythme, on va s'adapter."

"On espère que les clients viendront avant mais ce ne sera pas la même chose"

Les grands perdants de l'affaire sont surtout les professionnels du secteur. Giovanni, le responsable du café, contemple sa terrasse noire de monde avec tristesse.

"Samedi à 20h30 je serai obligé de dire aux clients de boire vite et rentrer. Ca va être la première fois qu'un restaurant ferme à 21 heures. Ce sera une surprise pour tout le monde. C'est la meilleure heure pour dîner, c'est là où on fait les meilleurs chiffres. On espère que les clients viendront avant mais ce ne sera pas la même chose."

Alors qu'il ferme habituellement à 2 heures du matin, le couvre-feu va fortement réduire son chiffre d'affaires. Il craint que des emplois soient supprimés.

Valentine Rault et Benoit Ballet (avec J.A.)