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Pénurie de médicaments: quelles solutions?

Gilles Vassal, directeur de recherche clinique à l'hôpital Gustave Roussy de Villejuif, près de Paris, dans le Val de Marne, était l'invité de RMC pour évoquer le sujet de la pénurie de médicaments qui touche la France.

La France manque de médicaments. 26 professeurs et médecins hospitaliers s'alarment de la situation dans une tribune publiée dans le JDD dimanche. Ils réclament des mesures aux pouvoirs publics pour endiguer cette pénurie.

Selon les derniers chiffres de l'Agence nationale du médicament, 868 ruptures ou tensions d'approvisionnements ont été signalées l'année dernière, en 2018. C'est 20 fois plus qu'en 2008. Et la situation est de plus en plus intenable.

Le problème vient-il des laboratoires?

Le problème, selon les signataires de la tribune, vient entre autres, de l'industrie du médicament, qui s'intéresse plus aux profits qu'à la santé des patients, même pour des substances d'intérêts thérapeutiques majeurs.

Car dans de nombreux cas, ce sont des médicaments utilisés pour traiter des cancers, comme les corticoïdes, mais aussi les maladies infectieuses et cardio-vasculaires qui sont touchés par ce manques.

Quelles solutions?

Gilles Vassal, directeur de recherche clinique à l'hôpital Gustave Roussy de Villejuif, près de Paris, dans le Val de Marne, était l'invité de RMC pour évoquer le sujet. Il fait remarquer que le problème n'est pas nouveau et qu'il le constate au sein de son établissement.

"Ce n'est pas nouveau. Les mêmes problèmes existent aux USA. 60 à 80 % des principes actifs sont façonnés en Chine ou en Inde alors que c'était 30% il y a dix ans. Ca n'explique pas tout."

Pour résoudre le problème des pénuries sur le long terme, il faut impérativement relocaliser la production des principes actifs : la substances de base des médicaments, selon Gilles Vassal. Le stockage est-il une autre solution logique?

"Stocker et anticiper pour les traitements essentiels de certaines maladies chroniques ou de cancers. Et faire des commandes importantes pour sécuriser la production pour une période donnée."

L'enjeu est dorénavant de prévenir ces pénuries et de mettre en oeuvre des processus pour les anticiper. Au tour du ministère de la Santé d'entrer en jeu pour cela.

James Abbott