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PMA: "La projection idéale que nous avons d’une famille est différente et variable "

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Ce mardi après-midi, la loi bioéthique est en débat à l’Assemblée nationale. Un thème qui pose question sur de nombreux points avec notamment la question de la PMA.

Doit-on étendre la PMA à toutes les femmes, est-ce problématique d’être élevé et éduqué sans père? À ces questions qui font débat aujourd’hui en France, le professeur gynécologue-obstréticien, spécialiste de la PMA René Frydman est venu en parle ce mardi sur RMC.

Pour lui, "il n’est pas question d’imposer une idéologie. Il faut laisser une liberté de penser". Pour le professeur, la place du médecin dans cette décision est importante. "Entre la conception de "quelqu’un qui est au-dessus" et la conception que l’on se fait soi-même, il peut y avoir un intermédiaire". 

"La médecine ne doit être en libre-service"

"Cet intermédiaire n’est pas un ange mais un médecin qui peut écouter la demande et qui peut intervenir aussi selon sa propre conscience. Le médecin peut être là pour discuter, il peut aider soit en favorisant soit en freinant. La médecine ne doit pas être en libre-service où on appuie seulement sur un bouton. Il doit y avoir un temps de réflexion".

"Pourquoi interdire?"

René Frydman se dit "favorable à la PMA pour toutes les femmes parce que c’est d’abord une ouverture des droits par rapport à une ouverture des yeux sur la société. Il suffit de regarder autour de soi, qui ne connaît pas un couple de femmes ou une femme seule qui a recours à la PMA ? C’est une réalité. Je suis pour écouter toutes les positions même s’il faut trancher. La personne qui est au centre va faire son marché en écoutant les uns et les autres. Il ne faut pas imposer. Mais pourquoi interdire?"

"Si on avait des donnés inquiétantes, on interviendrait"

La question de la paternité est aussi au centre des discussions. Peut-on vraiment grandir en l’absence d’un père? "Si on avait des données inquiétantes, on interviendrait. Mais ça fait quelques années qu’il y a ce genre de situation dans certaines familles recomposées, nouvelles ou monoparentales.

La projection idéale que nous avons, les uns les autres, d’une famille est différente et variable et pas toujours au rendez-vous dans la réalité. On pourrait poser la question autrement. Est-ce qu’il faut venir dans une situation un peu fragile ou ne pas naître?".

Maxime Trouleau