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Pourquoi le moustique tigre est "un risque sanitaire majeur"

Ces moustiques sont arrivés en France en 2004 via l’Italie depuis l’Asie. Aujourd’hui ils sévissent dans toute la moitié sud de la France jusqu’à la région Rhône-Alpes et en région parisienne.

Alerte au moustique-tigre. L'insecte qui sévit en France depuis le début des années 2000 est de retour en force cet été, causant démangeaisons et nuisances. Et la menace est réelle. Les moustiques tiques sont considérés comme un "risque sanitaire majeur", alerte une commission d'enquête de l'Assemblée nationale dans un rapport publié mardi.

Car l'aedes albopictus, de son nom scientifique, peut être un vecteur de maladies: "On n’est jamais à l’abri d’une éclosion d’une souche de chikungunya ou de dengue par exemple. Concernant les nuisances on est aussi dans des proportions qui posent problème au niveau touristique", explique sur RMC Antoine Cohen, expert de la lutte anti-moustiques pour un producteur de pièges dédiés.

Ces moustiques sont arrivés en France en 2004 via l’Italie depuis l’Asie sous forme d’œufs cachés … dans des pneus. Aujourd’hui ils sévissent dans toute la moitié sud de la France jusqu’à la région Rhône-Alpes et dans la région parisienne. Et ils se reproduisent très facilement et très rapidement dans des zones très peuplées.

De plus en plus gros

"Ces moustiques sont très urbains. Ils ont dans ces zones un taux de reproduction de 80%. Ils se sont adaptés à l’environnement européen où ils privilégient les petits points d’eau qu’on a chez nous comme les arrosoirs et tout ce qui va pouvoir garder de l’eau plus de quelques jours", avertit Antoine Cohen.

Pour se prémunir de ces nuisibles qui ont grossi depuis leur arrivée sur le territoire il y a 16 ans, il existe des systèmes classique tels que les pièges prévient le spécialiste. De son côté, la commission d'enquête précise que la deltaméthrine, un insecticide, "est la seule substance dont disposent les pouvoirs publics pour lutter, à court terme, contre les moustiques aedes sur un lieu donné".

Mais la commission d'enquête déconseille les pulvérisations massives par crainte "d'augmenter le risque d'apparition d'une résistance au produit chez les moustiques" et par soucis environnemental. Elle appelle à diversifier les molécules et privilégier les actions de terrain en renforçant l'information du public et des pouvoirs locaux.

Guillaume Dussourt