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Pratiques "illégales", "suspicions", "refus": le Défenseur des droits déplore un accès aux soins "difficile" pour les étrangers malades

Dans un nouveau rapport publié ce lundi, 3 ans après le premier, le Défenseur des droits Jacques Toubon, pointe du doigt les difficultés auxquelles les étrangers sont confrontés dans leur accès aux soins en France.

Les étrangers malades ont toujours plus de mal à se faire soigner. Présents légalement ou illégalement sur le territoire Français, les étrangers sont objets de "suspicions" et sont parfois entravés par des pratiques "illégales", affirme le nouveau rapport de Jacques Toubon sur la question.

Des démarches administratives compliquées

D'abord, les démarches pour être couvert par l'assurance maladie sont complexes et selon ce rapport, les contrôles pour vérifier si ces étrangers malades sont bien en règle administrativement sont de plus en plus restrictifs.

Alors que ces étrangers viennent souvent consulter pour des pathologies graves: grossesses à risque, virus du Sida... Se faire soigner relève du parcours du combattant.

Victimes de préjugés

Les préjugés, les soupçons, qui entourent ces étrangers, les freinent dans leurs démarches, dénonce le Défenseur des droits. Des idées reçues selon lesquelles le système de soins français, avantageux, pourrait créer un appel d'air. Or, les chiffres aujourd'hui disent le contraire: seuls 2% des titres de séjour délivrés l'an dernier l'ont été pour raison médicale.

Pour les étrangers sans papiers, l'accès aux soins est encore plus difficile: horaires de consultation limités, nombreux justificatifs à fournir, certains médecins refuseraient même de prendre en charge certains d'entre eux. Pourtant, selon le Défenseur des droits, plus l'on tarde à prendre en charge ces patients, plus leur prise en charge sera coûteuse et risquée pour leur santé.

Marie Monier (avec Caroline Petit)