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Procès du Mediator: "C'est impardonnable, j'ai envie d'entendre les responsables dire qu'ils regrettent"

Les très attendu procès des responsables du scandale du Mediator s'est ouvert lundi à Paris. Des centaines de victimes attendent désormais des réponses et des excuses.

Le procès du Mediator s'est ouvert lundi au tribunal de Paris, pour plus de 6 mois. Dans les 5 salles d’audience du tribunal, des centaines de victimes sont venues de toute la France assister à ce premier jour d’audience. Parmi elles, beaucoup de personnes âgées et malades ont fait le déplacement, parfois soulagées que ce procès commence après des années de maladies et des vies parfois brisées par ce médicament.

L’occasion aussi pour beaucoup de ces victimes de voir le visage des responsables, notamment Jean-Philippe Seta, ancien directeur général des Laboratoires Servier assis sur le banc des prévenus.

"Le laboratoire Servier nous empoisonné notre vie"

Si certaines de ces victimes sont soulagées, d’autres attendent désormais des réponses et des excuses. Il y a par exemple Nathalie, 54 ans. Elle est atteinte d’une grave pathologie cardiaque et sa vie est entre parenthèses. Elle veut que les responsables payent.

"Le laboratoire Servier nous empoisonné notre vie. Plus de travail, plus d'activité... Ca fait dix ans que j'attends ce procès. Nous on est vivants mais il faut penser aux morts. C'est pour ça que je suis ici, pour qu'ils reconnaissent qu'on nous a bel et bien empoisonnés."

"C'est impardonnable, on a joué de la vie des gens"

Sorayah soupire lorsque que les juges égrenent pendant plus d’une heure les noms des 2600 parties civiles. Dans cette liste, sa mère Amaria, 82 ans, trop malade pour se déplacer. Sorayah tenait à voir le visage des responsables assis sur le banc des prévenus.

"J'avais envie de leur qu'ils n'avaient pas pensé à l'humain. De les voir à côté de moi, je ne suis pas soulagée. Je voudrais les entendre dire qu'ils regrettent. C'est impardonnable, on a joué de la vie des gens. Il serait temps, car les gens qui sont déjà partis ils n'ont rien entendu."

Sorayah et son frère vont se relayer pour assister à la plupart des audiences. Il espèrent raconter à leur mère que justice a été rendue.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec J.A.)