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Protoxyde d’azote: malgré l’interdiction, la consommation et les cas graves se poursuivent

Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé notamment dans les siphons de cuisine. Image d'illustration

Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé notamment dans les siphons de cuisine. Image d'illustration - AFP

Plusieurs dizaines de cas graves liés à la consommation de protoxyde d'azote ont été rapportés au Centre antipoison ces deux dernières années. Pourtant la vente de ce gaz hilarant a été interdite aux mineurs en juin 2021. Mais cette mesure a eu peu d’effets et les autorités sanitaires du Rhône tirent la sonnette d'alarme.

L'Agence régionale de Santé et les Hospices Civiles de Lyon tirent la sonnette d'alarme: plusieurs dizaines de cas graves liés à la consommation de protoxyde d'azote ont été rapportés au Centre antipoison ces deux dernières années.

Pourtant, en juin 2021, la vente de ce "gaz hilarant" a été interdite aux mineurs. Mais ils n'ont aucun mal à s'en procurer, via les réseaux sociaux. Et si avant ces jeunes utilisaient des capsules, ils commandent désormais des bonbonnes entières. Les consommateurs seraient également de plus en plus jeunes et inconscients des risques.

"Tu es excité, tu rigoles"

Dans un parc lyonnais, en journée ou en soirée, Romain, 17 ans, consomme parfois des "ballons", dans lequel il y a du protoxyde d’azote. Il en achète facilement, "sur Snapchat, 20 euros", dit-il. L’effet est immédiat: "tu es excité, tu rigoles". Romain dit connaître les risques, mais ne se sent pas concerné. "C’est une fois par mois, tranquille", se justifie l’adolescent.

Faux, répond Cécile Chevalier du Centre antipoison de Lyon, selon elle, chaque consommation présente des risques: "ça perturbe votre conscience donc vous avez un risque de chutes, d’accidents". A plus long terme: il y a des risques d’asphyxie, de faiblesses musculaires, d’anémies, de troubles de la marche.

Des séquelles jusqu'à la rééducation

Au centre antipoison, 76% des appels liés au protoxyde d’azote concernent des atteintes neurologiques. Parfois, les séquelles nécessitent même une rééducation: "certains n’arrivent pas à se lever le matin, à marcher normalement, à descendre un escalier. Donc ils se retrouvent en rééducation fonctionnelle, comme quelqu’un qui a été accidenté. La rééducation peut durer des semaines, et il peut y avoir des séquelles pendant des semaines ou des mois", alerte encore Cécile Chevalier.

Face à une hausse des prises en charge, le Centre antipoison tente de multiplier les actions de prévention auprès des plus jeunes. Des plaquettes informatives vont être mises à disposition du public au sein des Hospices Civiles de Lyon, dans certains centres dédiés aux addictions et sur le site internet de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes. En cas d'urgence, les autorités recommandent d'appeler le Centre antipoison au 04 72 11 69 11, le SAMU 15 ou le 112.

Vincent Chevalier